Le cinquième anniversaire du 25 juillet 2021 ravive les tensions
Réunis dans le centre de la capitale, les manifestants ont brandi des pancartes portant des messages tels que « Dégage », « C’est fini » ou encore « Seul Kaïs reste heureux ». Plusieurs slogans réclamaient le départ du chef de l’État, accusé par ses opposants d’avoir progressivement démantelé les institutions démocratiques depuis sa prise de pouvoir exceptionnelle en 2021.
Pour les organisateurs, cette marche devait rappeler les valeurs républicaines qu’ils estiment avoir été abandonnées au cours des cinq dernières années.
Une opposition qui dénonce la paralysie des institutions
Coordinateur général de la coalition Solidarité et membre du mouvement Taharak, Wissem Hammi estime que les institutions ne fonctionnent plus normalement. Il rappelle que la Constitution confie au président la responsabilité de proposer un programme politique et d’en assurer l’application, une mission qui, selon lui, n’est plus pleinement assumée.
L’universitaire et sociologue Mouldi Gassoumi voit dans cette mobilisation un appel à réhabiliter les fondements de la République tunisienne. D’après lui, une grande partie de la population ne retrouve plus aujourd’hui les acquis qui avaient marqué la transition démocratique.
La défense des libertés au cœur de la mobilisation
Les manifestants ont également affiché des portraits du journaliste emprisonné Mourad Zghiri. Sa sœur, Mariem Zghidi, a appelé les Tunisiens à défendre les libertés publiques, estimant que plusieurs personnalités susceptibles d’apporter une contribution au pays sont actuellement détenues.
Une crise sociale qui nourrit la colère
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte social particulièrement tendu. Les fortes chaleurs enregistrées ces derniers jours ont favorisé plusieurs incendies de forêt, tandis que les coupures d’électricité et les interruptions de l’approvisionnement en eau alimentent le mécontentement populaire.
Pour de nombreux participants, ces difficultés quotidiennes viennent accentuer une crise politique déjà profonde, faisant de cette manifestation l’une des plus importantes organisées contre Kaïs Saïed depuis plusieurs mois.
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