Présentée comme une démarche citoyenne, la pétition appelle les Tunisiens à retirer leur confiance au chef de l’État, tout en défendant une sortie de crise par les voies démocratiques. Ses initiateurs affirment vouloir éviter « le chaos » et estiment que les changements politiques doivent passer par les mécanismes électoraux.
Des critiques sur la gouvernance
Les promoteurs de la pétition contestent la manière dont Kaïs Saïed exerce le pouvoir depuis 2021, période au cours de laquelle le président a progressivement concentré d’importantes prérogatives entre ses mains. Ils lui reprochent notamment d’avoir réduit l’espace du débat politique et d’avoir affaibli, selon eux, plusieurs contre-pouvoirs ainsi que l’activité de la société civile et syndicale.
La situation économique et sociale figure également au cœur de leurs revendications. Le chômage, la baisse du pouvoir d’achat et les difficultés rencontrées par certains services publics sont cités parmi les principales préoccupations. Les initiateurs critiquent aussi certaines mesures mises en avant par la présidence, notamment les entreprises communautaires et le Conseil national des régions et des districts, qu’ils jugent coûteux et insuffisamment efficaces.
La pétition évoque par ailleurs plusieurs dossiers sensibles, dont la situation environnementale à Gabès et le drame des migrants disparus de Zarzis. Pour ses auteurs, ces questions illustrent les insuffisances de l’action publique et les difficultés auxquelles le pays reste confronté.
Retour aux urnes
Au terme de leur démarche, les initiateurs formulent trois principales demandes : la démission pacifique de Kaïs Saïed, l’organisation d’une élection présidentielle anticipée « libre et transparente » et une plus grande implication des jeunes ainsi que des compétences nationales dans la conduite de l’État.
L’initiative Jil Zed Tunisie assure par ailleurs que l’identité et les données personnelles des personnes qui signeront la pétition resteront confidentielles. La démarche ouvre ainsi un nouvel épisode de contestation autour de la gouvernance du président tunisien, alors que ses promoteurs entendent faire de la voie électorale le moyen privilégié pour répondre aux tensions politiques et sociales du pays.
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