Le bras de fer entre l’Algérie et les Émirats arabes unis franchit un nouveau seuil. Le gouvernement algérien a décidé de mettre fin aux relations diplomatiques avec Abou Dhabi, estimant avoir épuisé toutes les voies susceptibles de préserver les liens bilatéraux. La décision a été annoncée jeudi par le ministère algérien des Affaires étrangères.
Dans son communiqué, Alger évoque des « agissements provocateurs ou hostiles » de la part des Émirats, sans toutefois détailler précisément les faits ayant conduit à la rupture. L’ambassadeur des Émirats en Algérie a été convoqué et informé de la décision. Un délai de 48 heures lui a été accordé pour s’y conformer.
Une rupture après plusieurs années de tensions
Cette crise diplomatique n’est pas soudaine. Depuis plusieurs années, les relations entre Alger et Abou Dhabi se sont progressivement détériorées, sur fond de divergences concernant plusieurs dossiers sensibles au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Les autorités algériennes reprochent notamment aux Émirats leur influence dans les affaires régionales et leur implication présumée dans des dynamiques considérées par Alger comme déstabilisatrices. Le président Abdelmadjid Tebboune avait lui-même durci le ton ces derniers mois, critiquant publiquement le rôle joué par Abou Dhabi dans plusieurs crises régionales.
Les divergences entre les deux pays concernent également le dossier du Sahara occidental, l’Algérie soutenant le Front Polisario tandis que les Émirats ont développé des relations étroites avec le Maroc. Les deux capitales défendent par ailleurs des positions différentes sur plusieurs enjeux géopolitiques, notamment au Moyen-Orient et au Sahel.
Alger ferme également son espace aérien
La rupture diplomatique s’accompagne d’une mesure supplémentaire. L’Algérie a annoncé la fermeture de son espace aérien aux avions militaires et civils immatriculés aux Émirats arabes unis. Selon les informations disponibles, les vols commerciaux bénéficient toutefois d’une période transitoire jusqu’à la fin de l’année 2026.
Cette décision intervient alors que les relations économiques et diplomatiques entre les deux pays s’étaient déjà dégradées. Alger avait notamment commencé cette année à remettre en cause un accord de services aériens conclu en 2013.
Abou Dhabi espère une rupture « temporaire »
Face à la décision algérienne, les Émirats arabes unis ont adopté un ton plus mesuré. Abou Dhabi a exprimé l’espoir que la rupture diplomatique ne soit que temporaire, tout en réaffirmant son estime pour le peuple algérien et son attachement aux liens historiques entre les deux populations.
La crise entre Alger et Abou Dhabi ouvre désormais une nouvelle période d’incertitude dans les relations interarabes. Elle pourrait également avoir des répercussions sur plusieurs dossiers régionaux où les deux pays défendent des visions parfois profondément opposées.
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