Le cercueil d’Ali Khamenei est arrivé dans le complexe religieux de la Grande Mosalla, où des milliers de fidèles, responsables politiques et délégations étrangères se sont réunis pour lui rendre un dernier hommage. Les autorités iraniennes annoncent un vaste programme de commémorations qui culminera lundi avec un rassemblement populaire auquel elles espèrent voir participer près de 20 millions de personnes.
Un deuil national marqué par des appels à la résistance
Dans les rues de la capitale iranienne, l’émotion se mêle à une démonstration de patriotisme. Des portraits géants du défunt guide suprême recouvrent les principales artères, tandis que des slogans appelant à la « vengeance » contre Israël et les États-Unis sont affichés sur de nombreuses banderoles.
Des rassemblements populaires se multiplient à travers Téhéran. Les participants brandissent les drapeaux de la République islamique, ceux des Gardiens de la Révolution, mais également les étendards du Hezbollah libanais, allié stratégique de l’Iran dans la région.
Les séquelles de la guerre restent également visibles dans plusieurs quartiers de la capitale, où des immeubles détruits et des mémoriaux dédiés aux victimes des bombardements rappellent l’ampleur du conflit qui a opposé Téhéran à Israël et aux États-Unis.
Un parcours symbolique dans les hauts lieux du chiisme
Après les cérémonies organisées à Téhéran, le cortège funéraire poursuivra son itinéraire vers les principaux sanctuaires du chiisme. Des étapes sont prévues à Qom, grande ville sainte iranienne, puis en Irak, notamment à Nadjaf et Karbala, deux hauts lieux de la spiritualité chiite.
L’inhumation d’Ali Khamenei est programmée pour le 9 juillet à Mashhad, sa ville natale, où il reposera à proximité du sanctuaire de l’imam Reza, l’un des sites religieux les plus sacrés du monde chiite.
Une démonstration politique après la guerre
Au-delà de l’hommage religieux, ces funérailles revêtent une dimension hautement politique. Elles constituent pour les autorités iraniennes une occasion d’afficher la continuité de l’État après la disparition de celui qui a dirigé la République islamique pendant plusieurs décennies.
Le pouvoir entend démontrer que les frappes israélo-américaines n’ont pas ébranlé les institutions du pays et que la transition politique est désormais assurée.
Une attention particulière se porte sur Mojtaba Khamenei, fils du défunt et désigné comme nouveau guide suprême. Jusqu’à présent, celui-ci ne s’est toujours pas exprimé publiquement depuis son accession à la tête de l’État, alimentant les interrogations sur son rôle et sa stratégie de gouvernance.
Parallèlement, le chef des Gardiens de la Révolution, Ahmad Vahidi, est réapparu publiquement à la veille des obsèques. Des images diffusées par les médias d’État le montrent se recueillant devant la dépouille d’Ali Khamenei, un geste hautement symbolique destiné à afficher l’unité de l’appareil sécuritaire et militaire autour du nouveau pouvoir.
À travers ces funérailles d’une ampleur exceptionnelle, la République islamique cherche autant à rendre hommage à son ancien dirigeant qu’à envoyer un message de fermeté à ses adversaires, dans une région toujours marquée par de fortes tensions géopolitiques.
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