Le chef de la Maison Blanche a évoqué cette affaire mardi soir, à son retour près de Washington. « Ils voulaient me mettre dans un autre vol, dans un autre avion, avec la même sécurité, ils voulaient que je le fasse, donc je l’ai fait. Je fais ce qu’ils me disent », a-t-il déclaré. Interrogé sur la nature de la menace, le président a ajouté : « J’imagine qu’il y avait une menace. Je n’en ai pas demandé beaucoup plus. »
Une opération menée dans le plus grand secret
Selon le Washington Post, Donald Trump aurait quitté discrètement l’avion présidentiel sur le tarmac de l’aéroport d’Ankara avant de rejoindre un autre appareil de l’armée américaine, un C-32A. Air Force One a ensuite décollé avec une douzaine de journalistes à son bord, qui pensaient voyager avec le président.
La manœuvre aurait notamment impliqué un conteneur de ravitaillement permettant au président de quitter l’appareil sans attirer l’attention. Les journalistes présents à bord avaient par ailleurs reçu pour consigne de maintenir les stores des hublots baissés, une précaution inhabituelle qui n’a pas immédiatement éveillé leurs soupçons.
Le Wall Street Journal rapporte, de son côté, qu’Israël aurait informé les États-Unis d’une possible menace d’attaque au missile sol-air contre l’avion présidentiel. Plusieurs hauts responsables américains, dont le secrétaire d’État Marco Rubio, seraient toutefois restés à bord de l’appareil.
Trump a tenté de relativiser la portée de cette opération, expliquant qu’il était habitué aux menaces. « Je suis l’objet de beaucoup de menaces dont vous n’avez pas connaissance », a-t-il déclaré. L’affaire suscite néanmoins des interrogations à Washington, notamment sur le niveau réel de la menace et sur les raisons pour lesquelles le Congrès n’a pas été informé.
Cette opération n’est pas sans précédent dans l’histoire présidentielle américaine. Bill Clinton avait déjà utilisé un avion leurre lors d’un déplacement en 2000, tandis que la visite de Joe Biden en Ukraine, en 2023, avait également été organisée dans un grand secret pour des raisons de sécurité.
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