Dans un communiqué publié mercredi, la présidence de l’Assemblée des États parties à la CPI a indiqué que les lettres de retrait transmises par les trois pays ont bien été enregistrées. Conformément aux dispositions du Statut de Rome, ce retrait ne prendra effet qu’à l’issue d’une période de douze mois.
Cette décision s’inscrit dans la continuité de l’annonce faite en septembre 2025 par les autorités de transition du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Les trois gouvernements avaient alors dénoncé la Cour pénale internationale, qu’ils accusent d’être un « outil de répression néocolonial » et de fonctionner selon des logiques qu’ils jugent défavorables aux États africains.
Créée par le Statut de Rome entré en vigueur en 2002, la Cour pénale internationale est la première juridiction permanente chargée de poursuivre les auteurs présumés de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de crimes d’agression, lorsque les juridictions nationales ne sont pas en mesure ou ne souhaitent pas engager des poursuites.
Malgré l’ouverture de cette procédure de retrait, la CPI a réaffirmé sa volonté de maintenir un dialogue avec les trois pays sahéliens. L’institution invite le Burkina Faso, le Mali et le Niger à continuer de participer aux échanges au sein de l’Assemblée des États parties afin d’exprimer leurs préoccupations concernant le fonctionnement et l’application du Statut de Rome.
Le retrait annoncé des trois membres de l’AES constitue un nouveau tournant dans les relations entre plusieurs États africains et les institutions internationales. Il intervient dans un contexte de repositionnement diplomatique des régimes militaires de la région, qui multiplient les initiatives visant à renforcer leur souveraineté politique, judiciaire et sécuritaire.
Si la procédure suit son cours, le Burkina Faso, le Mali et le Niger cesseront officiellement d’être des États parties au Statut de Rome un an après le dépôt de leurs notifications. Toutefois, les obligations juridiques découlant des procédures déjà engagées par la Cour avant la date effective du retrait demeureront applicables, conformément aux dispositions du traité fondateur de la CPI.
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