Selon une enquête de Reuters, les rebelles ont mis en place leur propre système de surveillance épidémiologique, de suivi des contacts et de coordination des équipes de santé dans les territoires sous leur contrôle, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Une réponse parallèle à celle de Kinshasa
Depuis leur offensive de 2025, qui leur a permis de prendre le contrôle de Goma et de Bukavu, les rebelles administrent une partie de l’est du pays avec des structures distinctes de celles du gouvernement congolais.
D’après les données du ministère congolais de la Santé et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), quatre cas d’Ebola ont été enregistrés dans les zones contrôlées par l’AFC/M23 après la déclaration de l’épidémie le 15 mai : un à Goma et trois près de Bukavu.
À la fin du mois de juin, le mouvement rebelle a annoncé la fin de l’épidémie sur son territoire après 21 jours sans nouveau cas. Les responsables de la riposte affirment avoir suivi près de 400 personnes contacts, avec un taux de suivi quotidien de 98 %, et analysé plus de 200 échantillons.
En revanche, dans les zones sous contrôle du gouvernement congolais, l’épidémie continue de progresser. Selon les dernières données officielles, 1 873 cas ont été recensés et 672 décès enregistrés.
Le Rwanda apporte un soutien logistique
Privé de l’appui des autorités de Kinshasa, l’AFC/M23 s’est tourné vers le Rwanda pour renforcer sa capacité de réponse.
Selon des documents consultés par Reuters, Kigali a envoyé plusieurs spécialistes en surveillance épidémiologique, en logistique et en analyses de laboratoire à Goma. Le Centre biomédical du Rwanda et l’hôpital de Gisenyi ont également fourni des médicaments, des équipements de protection et du matériel médical.
La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a indiqué que ce soutien s’inscrivait dans les efforts régionaux de prévention des maladies infectieuses, rappelant que les épidémies ne connaissent pas de frontières.
Des défis persistants
Malgré les résultats revendiqués par l’AFC/M23, plusieurs experts estiment qu’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur l’efficacité de cette riposte.
Selon Reagan Miviri, chercheur à l’institut Ebuteli, le faible nombre de cas recensés dans les zones rebelles ne permet pas encore d’évaluer pleinement la capacité du mouvement à gérer une crise sanitaire de grande ampleur.
Par ailleurs, les pénuries de matériel médical, de véhicules, de carburant et de kits de dépistage continuent de freiner les opérations. La fermeture de l’aéroport de Goma et l’interruption du système bancaire dans les territoires contrôlés par les rebelles compliquent également l’acheminement des fournitures et du personnel humanitaire.
Les agences des Nations unies poursuivent leurs efforts pour maintenir un minimum de coordination entre les autorités congolaises et les administrations mises en place par l’AFC/M23 afin de limiter le risque d’une propagation plus large du virus dans une région déjà fragilisée par le conflit armé.
Afrique
Europ et Moyen-Orient
Amériques
Asie










