Lors de son troisième procès devant un tribunal de Séoul, les procureurs ont retenu des charges d’« actes au profit de l’ennemi ». Ils lui reprochent d’avoir envoyé, en octobre 2024, des drones transportant des tracts de propagande au-dessus de Pyongyang afin de créer un climat de tension susceptible de justifier l’instauration de la loi martiale.
Selon l’accusation, cette tentative de « créer de toutes pièces des conditions de guerre » aurait compromis la sécurité nationale en aggravant les tensions avec le Nord et en exposant des informations sensibles sur les équipements militaires sud-coréens, plusieurs drones s’étant écrasés en territoire nord-coréen.
Âgé de 65 ans, Yoon Suk Yeol a déjà été condamné à la prison à vie en février pour « insurrection », après avoir tenté d’imposer la loi martiale en décembre 2024 et ordonné le déploiement de l’armée autour du Parlement. Il avait également écopé de cinq ans de prison en janvier dans une autre procédure liée à cette affaire.
Malgré les tensions provoquées par les survols de drones, la Corée du Nord avait alors adopté une réponse mesurée, se contentant d’avertir qu’elle riposterait en cas de nouvelle incursion.
Deux mois plus tard, l’ancien chef de l’État avait tenté d’imposer la loi martiale, invoquant des menaces liées à des « forces anti-État » soutenues, selon lui, par Pyongyang, ainsi que le refus du Parlement, dominé par l’opposition, d’adopter son budget.
Toutefois, un nombre suffisant de députés avait réussi à se réunir malgré le déploiement militaire pour voter une résolution mettant fin à cette mesure. La suspension du régime civil n’avait duré que six heures, mais avait provoqué une profonde crise politique dans le pays.
Destitué en avril 2025 et actuellement incarcéré, Yoon Suk Yeol a fait appel de sa condamnation, affirmant avoir agi « pour le seul bien de la nation ».
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