À deux ans de la fin du second mandat du président Félix Tshisekedi, la coalition d’opposition C64 hausse le ton. Lors d’une conférence de presse organisée jeudi 9 juillet à Kinshasa, ses responsables ont présenté les conditions qu’ils jugent indispensables avant l’ouverture de tout dialogue avec les autorités congolaises, dans un contexte marqué par la crise sécuritaire persistante dans l’Est du pays et les tensions autour d’une éventuelle révision constitutionnelle.
La coalition affirme avoir réitéré cette position au président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, lors d’une rencontre tenue en début de semaine. Tout en saluant les efforts de médiation engagés par le chef de l’État burundais, les dirigeants de la C64 estiment qu’aucune négociation ne peut être envisagée sans gestes concrets de la part du gouvernement de Kinshasa.
Parmi leurs principales exigences figurent la libération des prisonniers politiques, l’arrêt des poursuites judiciaires qu’ils qualifient de politiquement motivées, ainsi que le respect des libertés fondamentales et des droits civiques. Pour l’opposition, ces mesures constituent les préalables indispensables à l’organisation d’un dialogue véritablement inclusif.
Le principal point de désaccord demeure toutefois le projet de révision de la Constitution. La C64 accuse le président Félix Tshisekedi de vouloir modifier la Loi fondamentale afin d’ouvrir la voie à un éventuel troisième mandat présidentiel. Une perspective que la coalition rejette catégoriquement, estimant qu’un tel projet fragiliserait davantage les institutions alors qu’une partie du territoire national reste sous l’emprise de groupes armés.
Dans une déclaration lue par Jean-Marc Kabund, la coalition a réaffirmé qu’elle ne participerait à aucune discussion tant que le chef de l’État n’aura pas officiellement renoncé à cette réforme constitutionnelle. Selon lui, « on ne construit pas un dialogue sous la répression, ni dans la violation permanente de la Constitution ». Il a également précisé que le président Évariste Ndayishimiye s’est engagé à transmettre fidèlement cette position à son homologue congolais dans le cadre de sa mission de médiation.
La C64 insiste par ailleurs sur le fait que sa rencontre avec le président de l’Union africaine ne constitue ni une négociation politique ni un compromis sur ses revendications. Elle affirme poursuivre son combat pour la défense de la Constitution, de l’État de droit et de la souveraineté du peuple congolais.
Afin de maintenir la pression sur le pouvoir, la coalition annonce le maintien de ses actions citoyennes et appelle à une grande marche le 22 juillet en direction du Palais de la Nation, siège de la présidence de la République. Cette mobilisation vise à dénoncer ce que l’opposition qualifie de « coup d’État constitutionnel ».
Si la C64 se dit favorable à une médiation sous l’égide de l’Union africaine, elle prévient qu’aucune concession ne sera faite sur les principes qu’elle considère essentiels à la préservation de la démocratie en République démocratique du Congo.
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