La contestation s’organise au Zimbabwe après la promulgation des nouveaux amendements à la Constitution, qui prolongent de deux ans le mandat du président Emmerson Mnangagwa et mettent fin à l’élection du chef de l’État au suffrage universel direct. Face à cette réforme, les principales figures de l’opposition, soutenues par des organisations de la société civile et plusieurs responsables religieux, ont lancé une Coalition du peuple afin de défendre l’ordre constitutionnel.
Les amendements ont été adoptés par un Parlement largement dominé par le parti au pouvoir, la ZANU-PF, avant d’être promulgués le 7 juillet. Pour les opposants, cette réforme constitue une remise en cause des principes démocratiques et de l’alternance politique.
Dans un contexte marqué par plusieurs années de répression politique et de scrutins contestés, cette nouvelle coalition représente un rare rassemblement des principales forces d’opposition. Ses membres affirment vouloir mener une contestation sur les plans judiciaire et populaire.
L’ancien candidat à la présidentielle Nelson Chamisa a dénoncé une évolution qu’il qualifie de dangereuse pour la démocratie zimbabwéenne. Selon lui, le pays ne doit pas « glisser en silence vers une dictature constitutionnelle », appelant les citoyens à défendre les principes inscrits dans la Constitution.
De son côté, l’opposant Lovemore Madhuku a annoncé le dépôt prochain d’un recours devant la Cour constitutionnelle. En parallèle, la coalition prévoit une série d’actions citoyennes, notamment des marches, des manifestations et des journées « villes mortes », afin d’exprimer le rejet de cette réforme par une partie de la population.
Les dirigeants de l’opposition reconnaissent craindre une répression des autorités contre les manifestants, mais assurent maintenir leur mobilisation malgré les risques.
La contestation bénéficie également du soutien de plusieurs responsables religieux. Le révérend Kupa Mtata a expliqué que son engagement ne relevait pas d’un choix politique, mais de la défense de la Constitution et de l’État de droit. Selon lui, les modifications adoptées créent un précédent susceptible d’affaiblir durablement les institutions démocratiques du Zimbabwe.
Cette mobilisation conjointe de l’opposition, de la société civile et des Églises ouvre une nouvelle phase de tensions politiques dans le pays, alors que les recours judiciaires et les manifestations annoncées pourraient raviver le débat sur l’avenir de la gouvernance et des institutions zimbabwéennes.
Afrique
Europ et Moyen-Orient
Amériques
Asie










