Dans un rapport publié le 2 septembre 2026, des experts mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU dénoncent l’ampleur de ces appuis et appellent à mettre fin aux livraisons d’armes et aux soutiens militaires aux belligérants.
Le conflit oppose depuis avril 2023 l’armée soudanaise, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, aux Forces de soutien rapide (FSR), commandées par le général Mohamed Hamdane Daglo, dit Hemedti.
Selon le rapport, les deux camps bénéficient de réseaux opérant à l’étranger, leur permettant d’obtenir des hommes, des armes, des moyens logistiques et des formations militaires. Les FSR seraient particulièrement dépendantes de ces soutiens extérieurs.
Jusqu’à 2 000 mercenaires colombiens
Les experts de l’ONU évoquent notamment la présence de mercenaires colombiens, dont le nombre pourrait atteindre 2 000. Ces combattants auraient participé aux opérations ayant permis aux FSR de prendre le contrôle d’El-Fasher, dans le Darfour du Nord.
Le rapport fait également état de camps d’entraînement situés dans le sud de la Libye, où auraient été formés des combattants soudanais, tchadiens, sud-soudanais et éthiopiens.
Des sociétés privées et des réseaux de recrutement opérant notamment depuis les Émirats arabes unis auraient par ailleurs utilisé plusieurs points de passage, au Tchad, en Libye et en Somalie, pour acheminer des combattants et des armes destinés aux FSR.
L’armée soudanaise également soutenue
L’armée régulière n’est pas épargnée par ces soutiens extérieurs. Les experts de l’ONU indiquent qu’elle a notamment bénéficié d’une aide pour acquérir des drones.
Pour les auteurs du rapport, ces appuis étrangers permettent aux deux camps de maintenir leurs capacités militaires et d’étendre leurs opérations au-delà des principales lignes de front. Ils contribuent également à des attaques contre les civils et à de graves violations du droit international humanitaire, dont certaines pourraient constituer des crimes de guerre.
Les experts recommandent donc la fin de tout soutien militaire aux parties au conflit, ainsi que l’extension à l’ensemble du Soudan de l’embargo sur les armes actuellement appliqué au Darfour. Ils demandent également des enquêtes et des sanctions contre les personnes et les entités impliquées dans ces réseaux de soutien.
Une crise humanitaire majeure
Depuis le début de la guerre, le Soudan connaît l’une des crises humanitaires les plus graves au monde. Plus de 200 000 personnes auraient été tuées, selon des acteurs humanitaires, tandis que plus de 12 millions d’autres ont été déplacées par les combats.
Le rapport de l’ONU souligne ainsi que la poursuite des soutiens extérieurs risque de prolonger le conflit et d’aggraver encore les conséquences humanitaires pour la population soudanaise.
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