Pendant deux jours, les quatre candidats déclarés seront soumis à un exercice exigeant : trois heures de questions chacun face aux 193 États membres et à des représentants de la société civile. Objectif affiché : renforcer la transparence dans une procédure longtemps jugée opaque.
Un processus sous l’influence du Conseil de sécurité
Instauré en 2016, ce « grand oral » n’en est qu’à sa deuxième édition. Malgré cette ouverture, le rôle déterminant revient toujours au Conseil de sécurité des Nations unies, et surtout à ses cinq membres permanents États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France qui disposent d’un droit de veto.
Washington a d’ailleurs donné le ton. L’ambassadeur américain Mike Waltz a averti que le futur secrétaire général devra être aligné avec « les valeurs et les intérêts américains ».
Parallèlement, plusieurs États militent pour la nomination d’une femme à la tête de l’ONU, une première dans l’histoire de l’institution. L’Amérique latine, de son côté, revendique le poste au nom du principe de rotation géographique.
Quatre profils pour une ONU en crise
Les candidats en lice affichent tous une même ambition : restaurer la crédibilité d’une organisation fragilisée par les crises internationales et des difficultés financières.
Parmi les favoris figure Michelle Bachelet. Forte d’une longue expérience onusienne – ex-directrice d’ONU Femmes et ancienne Haut-Commissaire aux droits de l’homme elle dispose d’un solide réseau diplomatique. Mais son bilan, notamment sur la question des Ouïghours, pourrait susciter des oppositions, en particulier de la Chine.
Autre candidat de poids : Rafael Grossi. À la tête de l’Agence internationale de l’énergie atomique, il s’est imposé sur les dossiers sensibles, du nucléaire iranien à la guerre en Ukraine. Il plaide pour une refondation d’une ONU qu’il juge « devenue invisible » dans certains conflits.
L’économiste costaricaine Rebecca Grynspan est également en lice. Actuelle dirigeante de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, elle met en avant son expertise des crises économiques et son attachement aux valeurs fondatrices de l’ONU.
Enfin, Macky Sall, seul candidat extérieur au système onusien, complète la liste. Ancien chef d’État et ex-président de l’Union africaine, il mise sur son expérience politique et ses relations internationales, bien que sa candidature ne fasse pas consensus en Afrique.
Une décision attendue d’ici fin 2026
Le futur secrétaire général prendra ses fonctions le 1er janvier 2027. D’ici là, les auditions et négociations diplomatiques s’annoncent déterminantes pour départager les candidats et définir l’avenir de l’ONU, à un moment charnière pour le multilatéralisme.
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