Selon les autorités sierra-léonaises, neuf migrants sept hommes et deux femmes sont arrivés à l’aéroport international de Lungi, près de Freetown. Les personnes concernées sont originaires du Nigeria, du Ghana, de la Guinée et du Sénégal.
Des migrants hébergés temporairement avant leur rapatriement
À leur arrivée, les migrants ont été pris en charge par les autorités locales puis transférés vers un centre d’hébergement temporaire. D’après des responsables sierra-léonais, plusieurs d’entre eux seraient fortement marqués par leur période de détention sur le territoire américain.
Les autorités précisent que ces ressortissants ouest-africains devraient être renvoyés vers leurs pays d’origine dans un délai de quinze jours. Certains auraient été interpellés aux États-Unis dans différentes circonstances, notamment sur leur lieu de travail ou lors d’activités quotidiennes.
L’accord signé entre Washington et Freetown prévoit un quota maximal de 25 migrants accueillis chaque mois, soit jusqu’à 300 personnes par an. Seuls des ressortissants des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest sont concernés par ce dispositif.
Un programme financé par Washington
Selon un document officiel sierra-léonais, les États-Unis financent le programme à hauteur de 1,5 million de dollars afin de couvrir les frais humanitaires, logistiques et administratifs liés à l’accueil des migrants expulsés.
Les personnes transférées peuvent séjourner jusqu’à 90 jours en Sierra Leone avant leur rapatriement définitif. Les autorités américaines n’ont toutefois pas communiqué publiquement sur les raisons ayant motivé le choix de la Sierra Leone ni sur les éventuelles contreparties diplomatiques ou économiques associées à cet accord.
Des accords migratoires africains de plus en plus contestés
Le partenariat entre Washington et Freetown s’inscrit dans une stratégie plus large de coopération migratoire impliquant plusieurs pays africains, parmi lesquels le Rwanda, le Soudan du Sud ou encore la République démocratique du Congo.
Ces accords, souvent négociés discrètement, suscitent de nombreuses critiques de la part des organisations de défense des droits humains. L’ONG Human Rights Watch estime que ces mécanismes pourraient enfreindre certaines dispositions du droit international relatives à la protection des migrants et des demandeurs d’asile.
Malgré les critiques, l’administration américaine continue de défendre une politique migratoire axée sur le renforcement des expulsions de migrants en situation irrégulière, considérées comme une priorité sécuritaire et politique.
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