Les deux groupes ont été reconnus « seuls et entièrement responsables » de la catastrophe aérienne qui avait coûté la vie à 228 personnes au-dessus de l’océan Atlantique. La cour a prononcé à leur encontre la peine maximale prévue, soit 225 000 euros d’amende chacun.
Un tournant majeur dans l’affaire du vol Rio-Paris
Ce verdict met fin à plus de seize années d’une bataille judiciaire emblématique dans l’histoire de l’aviation civile française. Lors du premier procès, tenu entre 2022 et 2023, Airbus et Air France avaient été relaxés sur le plan pénal, même si leur responsabilité civile avait été reconnue.
En appel, le ministère public a finalement estimé que les fautes des deux entreprises avaient directement contribué au crash du vol AF447. Les magistrats ont suivi cette analyse en jugeant que les manquements constatés étaient suffisamment graves pour engager leur responsabilité pénale.
Les fautes reprochées à Air France et Airbus
La justice reproche à Air France de ne pas avoir suffisamment formé ses pilotes aux situations de givrage des sondes Pitot, des équipements essentiels permettant de mesurer la vitesse de l’appareil. La compagnie est également accusée de ne pas avoir correctement informé ses équipages des risques liés à ces défaillances techniques.
De son côté, Airbus est accusé d’avoir sous-estimé les anomalies affectant ces sondes anémométriques et de ne pas avoir alerté avec assez d’urgence les compagnies exploitant les avions concernés.
Durant toute la procédure, les deux entreprises ont contesté toute faute pénale, mettant notamment en avant les décisions prises par les pilotes dans une situation d’urgence extrême.
Le crash aérien le plus meurtrier de l’histoire française
Le vol AF447, assuré par un Airbus A330 reliant Rio de Janeiro à Paris, s’était abîmé dans l’Atlantique dans la nuit du 1er juin 2009 avec 216 passagers et 12 membres d’équipage à bord. Les victimes provenaient de 33 nationalités différentes.
L’enquête technique avait établi que le givrage des sondes Pitot, survenu dans une zone orageuse proche de l’équateur appelée le « Pot au noir », avait provoqué une perte des indications de vitesse, entraînant une désorientation de l’équipage puis le décrochage de l’appareil.
Les boîtes noires, retrouvées plusieurs années après le drame, avaient permis de reconstituer avec précision les dernières minutes du vol.
Une décision à forte portée symbolique
Même si les amendes prononcées restent limitées au regard de la taille des deux groupes, cette condamnation représente un coup dur pour l’image d’Air France et d’Airbus. Pour les familles des victimes, cette décision judiciaire constitue surtout une reconnaissance officielle des responsabilités dans le pire crash de l’aviation civile française.
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