Le gouvernement luxembourgeois a officiellement interrogé la Wallonie sur la possibilité de créer une zone frontalière exemptée de redevance. Cette mesure permettrait notamment de préserver les déplacements de proximité dans les territoires fortement intégrés de la Grande Région.
La future vignette numérique doit s’appliquer aux voitures, voitures mixtes et camionnettes de moins de 3,5 tonnes, qu’elles soient immatriculées en Belgique ou à l’étranger.
Jusqu’à 125 euros par an
Le dispositif prévoit plusieurs niveaux de tarification. Pour un véhicule classé Euro 4 ou supérieur, le montant annoncé est de 100 euros par an. Il sera de 125 euros pour les véhicules Euro 0 à 3 et de 90 euros pour les véhicules zéro émission.
Des formules de courte durée sont également prévues, notamment pour 24 heures, dix jours, un mois ou deux mois.
Le contrôle reposera notamment sur des caméras capables de lire les plaques d’immatriculation ainsi que sur des équipes mobiles. Une première infraction pourrait entraîner une amende administrative de 70 euros, avec une majoration possible en cas de récidive.
Le projet doit encore franchir plusieurs étapes avant son entrée en vigueur. Un accord de coopération entre la Wallonie, la Flandre et Bruxelles doit notamment être finalisé, avant la préparation des textes nécessaires et leur notification aux autorités européennes.
Des inquiétudes pour les zones frontalières
Pour Luxembourg, cette nouvelle charge pourrait affecter directement les nombreux résidents qui empruntent quotidiennement les routes belges. Le gouvernement redoute également des conséquences sur les commerces situés dans les zones frontalières.
Autre préoccupation, le possible report du trafic vers les routes communales. Certains automobilistes pourraient chercher à éviter les axes soumis à la vignette, ce qui risquerait d’accroître la circulation sur de petites routes et d’affecter la sécurité routière, l’environnement ainsi que la qualité de vie des habitants.
Le Luxembourg souhaite donc obtenir de la Wallonie une étude d’impact globale permettant d’évaluer les conséquences économiques, sociales et environnementales de la mesure. Il demande également des précisions sur d’éventuelles exemptions pour les véhicules de police, les services d’incendie et les secours.
Une taxation routière qui inquiète au-delà de la Belgique
Le débat intervient alors que plusieurs dispositifs de taxation routière existent ou sont envisagés autour du Luxembourg.
En Lorraine, une écocontribution kilométrique doit notamment entrer en vigueur le 1er avril 2027 sur une partie du réseau routier transféré à la Région Grand Est. Elle concernera toutefois les poids lourds de plus de 3,5 tonnes transportant des marchandises, et non les voitures particulières.
Le Luxembourg a également pris contact avec les gouvernements français, allemand et néerlandais afin d’évaluer les conséquences potentielles de la vignette belge dans l’ensemble de la Grande Région.
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