Un accord sur un an
L’accord prévoit le transfert vers le Liberia de ressortissants de pays tiers qui ne peuvent pas être renvoyés directement par les États-Unis vers leur pays d’origine. Les personnes concernées doivent notamment être autorisées à voyager sur le plan médical.
Selon les autorités libériennes, les 1 200 personnes pourront être originaires de pays africains, mais aussi d’Amérique du Nord, d’Amérique du Sud et des Caraïbes. Le ministre libérien de l’Information, Jerolinmek Piah, a précisé que la majorité des premiers arrivants provenaient de pays d’Amérique latine, notamment du Venezuela, de Cuba et de Colombie.
Des personnes libres de demander l’asile
À leur arrivée, les personnes transférées ne seront pas considérées comme des détenues au Liberia. Les autorités ont indiqué qu’elles pourront demander l’asile dans le pays ou le quitter si elles le souhaitent. Le gouvernement libérien affirme également que les personnes concernées ne font pas l’objet de poursuites criminelles au Liberia.
Cette possibilité intervient dans un contexte particulier. Certaines personnes expulsées vers des pays tiers par les États-Unis disposent de protections juridiques qui empêchent leur renvoi direct vers leur pays d’origine lorsqu’elles risquent d’y subir des persécutions, des tortures ou d’autres atteintes graves.
Washington multiplie les accords avec des pays tiers
Le dispositif libérien s’inscrit dans la politique migratoire menée par l’administration de Donald Trump, qui cherche à accélérer les expulsions de personnes en situation irrégulière en les transférant, dans certains cas, vers des pays autres que leur pays d’origine.
Des accords similaires ont été conclus ou envisagés avec plusieurs pays africains, notamment la République démocratique du Congo, le Ghana, la Sierra Leone, le Cameroun et d’autres États. Des défenseurs des droits des migrants dénoncent le manque de transparence de certains de ces arrangements et craignent que des personnes vulnérables soient finalement renvoyées vers des pays où elles pourraient être exposées à des risques.
Le Liberia évoque une démarche humanitaire
Monrovia présente pour sa part son engagement comme une démarche humanitaire, en mettant en avant son histoire de pays ayant accueilli des populations déplacées. Le gouvernement affirme ne pas avoir demandé de compensation financière en échange de l’accueil des personnes expulsées. Les États-Unis doivent toutefois apporter un soutien au Liberia pour la gestion du programme et le renforcement de son système migratoire.
Avec l’arrivée des 20 premiers expulsés, le Liberia devient ainsi un nouveau pays africain associé à la politique américaine de transfert de migrants vers des pays tiers. L’accord pourrait concerner jusqu’à 1 200 personnes d’ici août 2027, même si ce chiffre constitue un plafond et non un nombre garanti de transferts.
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