Selon plusieurs organisations de défense des droits fondamentaux, près d’un millier de personnes auraient été exécutées depuis le début de l’année 2026, tandis que les défenseurs des prisonniers politiques sont de plus en plus ciblés par les autorités.
D’après le Centre Abdorrahman Boroumand, environ 900 exécutions ont été recensées depuis janvier, un bilan qui pourrait être largement sous-estimé en raison des restrictions imposées à Internet pendant près de trois mois. L’ONG Hengaw affirme, de son côté, qu’au moins 109 prisonniers ont été exécutés au cours du seul mois de juin.
Le 28 juillet, deux jeunes manifestants, Abolfazl Sepahi et Amir Hossein Safar, condamnés pour « guerre contre Dieu » et « corruption sur terre » après avoir participé aux manifestations de janvier 2026, ont été pendus publiquement à Ispahan malgré les protestations d’une partie de la population.
Les défenseurs des droits humains dans le viseur
En parallèle, les autorités iraniennes accentuent la pression sur les avocats spécialisés dans la défense des prisonniers politiques et des droits humains. Selon le Centre pour les droits humains en Iran, au moins 32 avocats ont été arrêtés, convoqués, poursuivis ou emprisonnés depuis le début de l’année.
Parmi les cas les plus emblématiques figure Javid Alikordi, condamné à 18 ans de prison pour des accusations liées à la sécurité nationale. D’autres avocats, dont Hassan Younesi, Astareh Maryam Ansari et Bahar Sahraian, ont également été inquiétés par la justice iranienne après avoir défendu des manifestants ou dénoncé des violations des droits fondamentaux.
Des juristes iraniens dénoncent une surveillance permanente de leur profession, évoquant des écoutes téléphoniques, des saisies de matériel informatique et l’ouverture systématique de procédures judiciaires contre les avocats indépendants.
Une justice de plus en plus contrôlée
Les organisations de défense des droits humains estiment que l’indépendance de la profession d’avocat s’est considérablement dégradée ces dernières années. Depuis 2021, les autorités judiciaires disposent notamment du pouvoir de délivrer ou de retirer les autorisations d’exercer, tandis que les familles de prisonniers politiques sont souvent contraintes de choisir leur défense parmi une liste d’avocats agréés par le pouvoir.
Selon le Centre pour les droits humains en Iran, le nombre d’avocats spécialisés dans la défense des droits humains est passé de plus d’une cinquantaine il y a une décennie à moins d’une douzaine aujourd’hui, réduisant considérablement les possibilités de défense des détenus politiques.
Des prisonniers en grève de la faim
Face à la multiplication des condamnations à mort, plusieurs détenus de la prison de Ghezel Hesar, près de Téhéran, ont entamé une grève de la faim afin de protester contre les exécutions. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des prisonniers brandissant des pancartes portant le slogan « Non aux exécutions », certains ayant même cousu leurs lèvres pour attirer l’attention sur leur situation.
Des militants iraniens en exil ont lancé une campagne internationale de soutien ainsi qu’une pétition appelant à mettre fin aux exécutions et à renforcer la protection des prisonniers politiques en Iran.
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