Face aux interrogations grandissantes sur l’état de ses relations avec le chef de l’État, Ousmane Sonko a voulu se montrer rassurant. Selon lui, les différences de points de vue ne doivent pas être interprétées comme une menace pour la stabilité du pays. « Il n’y aura pas de déchirure du pays », a-t-il affirmé, estimant que les intérêts du Sénégal demeurent au-dessus des considérations politiques.
Des divergences assumées avec le pouvoir
Interrogé sur les tensions apparues ces derniers mois au sein du pouvoir, Ousmane Sonko a reconnu l’existence de désaccords avec Bassirou Diomaye Faye. Toutefois, il a préféré parler de divergences de nature programmatique plutôt que de conflit politique.
L’ancien Premier ministre considère que plusieurs engagements portés pendant les années d’opposition n’ont pas été appliqués conformément aux attentes suscitées auprès des Sénégalais. Sans entrer dans une logique d’affrontement, il a réaffirmé son attachement aux orientations qui ont fondé le projet politique du Pastef.
Concernant les spéculations sur une éventuelle exclusion du président de la République du parti, Sonko a renvoyé la question aux instances compétentes de la formation politique, rappelant que les décisions relèvent des organes du parti et non d’une seule personnalité.
Une Assemblée nationale qui entend jouer pleinement son rôle
Désormais à la tête de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a également évoqué les rapports entre le pouvoir législatif et l’exécutif. Il a assuré qu’il n’était pas question d’entrer dans une logique de confrontation systématique, mais a souligné que le Parlement exercerait pleinement ses prérogatives constitutionnelles.
Selon lui, la majorité parlementaire issue du Pastef ne saurait accorder un soutien automatique à toutes les décisions gouvernementales. Si les circonstances l’exigent, l’Assemblée pourrait faire usage des mécanismes de contrôle prévus par la Constitution. Le président de l’Assemblée nationale a par ailleurs exclu tout report des élections locales prévues au début de l’année 2027.
La dette publique au cœur des préoccupations
La question de la dette publique a occupé une place importante dans cet entretien. Alors qu’une mission du Fonds monétaire international est attendue à Dakar, Ousmane Sonko a renouvelé ses critiques contre toute option de restructuration qu’il juge préjudiciable aux intérêts du pays.
L’ancien chef du gouvernement a également remis sur la table la question de la « dette odieuse ». Il estime qu’une partie de la dette contractée sans validation parlementaire ou sans l’adhésion du peuple pourrait faire l’objet d’un examen particulier au regard du droit international.
Tout en reconnaissant que cette option avait déjà été évoquée au sein des instances dirigeantes, il a exprimé le souhait que les autorités actuelles prennent leurs responsabilités sur ce dossier qu’il considère comme stratégique pour l’avenir économique du Sénégal.
Une candidature encore loin des priorités
À propos de l’élection présidentielle de 2029, Ousmane Sonko a choisi la prudence. Il a jugé prématuré d’aborder la question d’une éventuelle candidature, précisant que le moment venu, la décision reviendra à son parti.
À travers cette sortie médiatique, l’ancien Premier ministre a surtout cherché à apaiser les inquiétudes liées aux tensions apparues au sommet de l’État. Tout en réaffirmant ses convictions et ses réserves sur certains choix politiques, il a insisté sur la nécessité de préserver l’unité nationale et la stabilité institutionnelle du Sénégal.
Afrique
Europ et Moyen-Orient
Amériques
Asie









