Âgé de 58 ans, le médecin-commandant est décédé des suites de complications médicales, selon un communiqué officiel. Il était détenu à la maison d’arrêt de Coyah, près de Conakry. Hospitalisé depuis le 23 mars à l’hôpital militaire du camp Samory Touré, où se trouvent le ministère de la Défense et l’état-major général des armées, Aboubacar Diakité avait été admis à la suite d’un malaise.
Un rapport médical établi le 4 mars par des spécialistes de l’hôpital national Ignace Deen avait déjà mis en évidence plusieurs pathologies. Malgré une prise en charge par une équipe médicale qualifiée, son état s’est rapidement aggravé.
Les médecins ont conclu que le décès est survenu à la suite d’une hernie étranglée de la ligne blanche, compliquée d’une péritonite aiguë généralisée. Sa famille, qui n’avait pas eu accès à lui durant son hospitalisation, avait réclamé une preuve de vie peu avant l’annonce officielle de sa mort.
Une figure controversée de l’ère Dadis Camara
Ancien militaire influent, Aboubacar Diakité fut une figure centrale du régime du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), dirigé par Moussa Dadis Camara après le coup d’État du 3 décembre 2008.
Proche du chef de la junte, il occupait le poste stratégique d’aide de camp et faisait partie du cercle restreint du pouvoir militaire.
Son nom reste toutefois indissociable du massacre du 28 septembre 2009, survenu dans un stade de Conakry, au cours duquel des centaines de civils ont été tués ou blessés lors d’une répression sanglante.
De la rupture avec Dadis Camara à la fuite
Le 3 décembre 2009, une rupture brutale intervient entre les deux hommes. Soupçonnant Moussa Dadis Camara de vouloir lui imputer la responsabilité du massacre, Toumba Diakité ouvre le feu sur lui, le blessant grièvement.
Cet épisode marque un tournant politique majeur et précipite la chute du régime militaire. Aboubacar Diakité prend alors la fuite et vit plusieurs années en exil, notamment entre Bamako et Dakar, avant d’être arrêté puis extradé vers la Guinée.
Condamnation et fin de parcours judiciaire
Jugé aux côtés d’une dizaine d’autres responsables militaires, il est reconnu coupable en 2024 de crimes contre l’humanité et condamné à dix ans de prison ferme.
Sa mort met fin à un parcours judiciaire emblématique de l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire contemporaine guinéenne, tout en laissant en suspens les attentes de nombreuses victimes et de leurs familles.
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