La crise remonte au 9 avril, lorsque le conseil municipal de Libreville s’est réuni pour examiner et adopter le budget annuel de la capitale gabonaise. Malgré la majorité absolue détenue par l’UDB, le texte a été massivement rejeté, y compris par les élus du parti au pouvoir.
Ce vote a révélé une fracture profonde au sein de la majorité municipale et déclenché une série de critiques visant directement la gestion de Pierre Matthieu Obame Etoughe. Il lui est notamment reproché une administration jugée opaque, marquée par des accusations de gonflement des effectifs municipaux et de mauvaise gouvernance.
Médiation politique et intervention présidentielle
Face à l’escalade des tensions, plusieurs tentatives de médiation ont été engagées par l’UDB, sans parvenir à apaiser les divergences. Les appels à la démission du maire se sont alors multipliés au sein même de la majorité.
À quelques heures d’une nouvelle réunion décisive du conseil municipal, le président Brice Clotaire Oligui Nguema est intervenu en convoquant les élus de son parti. Selon des sources concordantes, le chef de l’État a entériné le départ du maire, ouvrant la voie à une transition rapide à la tête de la municipalité.
Eugène Mba de retour à la tête de la capitale
Dans la foulée de cette décision, Eugène Mba a été élu maire de Libreville. Banquier de profession, il n’est pas un novice à ce poste, qu’il avait déjà occupé brièvement pendant cinq mois en 2021.
Sa nomination intervient dans un contexte de forte attente en matière de transparence et de redressement de la gestion municipale.
Un enjeu de gouvernance pour Libreville
Cette crise met en lumière les défis de gouvernance auxquels fait face la capitale gabonaise, sur fond d’exigence accrue de redevabilité et de bonne gestion des finances publiques. Elle souligne également les tensions internes au sein de la majorité politique, pourtant dominante à Libreville.
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