Le 4 avril, les deux chambres du Parlement du Cameroun ont validé une modification de la Constitution introduisant un poste de vice-président. Cette fonction vise à assurer la continuité du pouvoir exécutif en cas de vacance de la présidence, notamment en cas de décès, de démission ou d’empêchement du chef de l’État.
Selon le texte adopté, ce vice-président deviendrait automatiquement successeur du président sans passer par une élection, un point qui suscite une vive contestation au sein de l’opposition.
L’opposition dénonce une dérive institutionnelle
Pour le MRC, cette réforme constitue une violation des principes démocratiques. Son secrétaire général, Justin Noah, critique un mécanisme qui priverait les citoyens de leur droit de choisir leur dirigeant en cas de succession.
Le parti invoque notamment l’article 64 de la Constitution camerounaise, qui interdit toute révision portant atteinte aux fondements démocratiques de l’État. Dans un communiqué publié le 23 avril, il accuse le pouvoir de « faire la sourde oreille » face aux préoccupations exprimées par une partie de la population.
Saisine de l’Union africaine et appel à des sanctions
Face à ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle, le MRC a officiellement saisi les instances compétentes de l’Union africaine. Le parti demande l’activation des mécanismes prévus par les textes de l’organisation pour sanctionner les changements de gouvernement jugés anticonstitutionnels.
Cette démarche vise à internationaliser le débat autour de la réforme et à exercer une pression diplomatique sur les autorités camerounaises.
Un climat politique sous tension
Cette controverse intervient dans un contexte politique déjà marqué par des tensions entre le pouvoir et l’opposition. La révision constitutionnelle pourrait raviver les divisions et relancer le débat sur la gouvernance et le respect des principes démocratiques au Cameroun.
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