Cette mesure intervient alors que la Birmanie (Myanmar) est devenue l’un des principaux foyers mondiaux de la cybercriminalité. Des milliers de personnes, souvent attirées par de fausses offres d’emploi, y sont contraintes de participer à des escroqueries en ligne sous la menace et dans des conditions assimilées au travail forcé.
Des réseaux criminels bien organisés
Selon des spécialistes de la cybersécurité, une grande partie de ces activités est contrôlée par des triades chinoises, qui ont transformé d’anciens complexes de casinos installés dans les zones frontalières en véritables centres d’escroquerie numérique.
Ces organisations utilisent notamment la technique dite du « pig butchering », une fraude consistant à gagner progressivement la confiance des victimes via de fausses relations sentimentales ou amicales avant de les convaincre d’investir dans de prétendues plateformes financières ou de cryptomonnaies.
L’instabilité politique qui règne en Birmanie depuis le coup d’État militaire de 2021, ainsi que la proximité du Triangle d’Or, région connue pour ses activités criminelles transfrontalières, ont favorisé l’implantation de ces réseaux.
Des victimes venues du monde entier
Les centres de cyberarnaques emploient des travailleurs originaires de nombreux pays. Plusieurs enquêtes ont révélé que des ressortissants asiatiques, africains et d’autres régions sont recrutés sous de faux prétextes avant d’être privés de leurs documents d’identité et contraints de travailler dans ces complexes.
Les escroqueries ciblent principalement des particuliers aux États-Unis, en Europe et en Asie, à travers de faux investissements, des arnaques sentimentales ou encore des promesses de gains rapides.
Selon un rapport des Nations unies, les pertes liées aux cyberarnaques en Asie de l’Est, en Asie du Sud-Est, en Australie et en Nouvelle-Zélande ont atteint 114,1 milliards de dollars en 2025, soit près de trois fois le montant enregistré l’année précédente.
Une loi dans un contexte politique tendu
Cette législation est la première adoptée par le Parlement birman depuis les élections organisées sous contrôle militaire. Le scrutin, tenu après le coup d’État de 2021, a été largement contesté par les Nations unies et plusieurs gouvernements étrangers.
Le renforcement des sanctions contre les cybercriminels répond également aux pressions de plusieurs partenaires internationaux, notamment la Chine et le Royaume-Uni, qui appellent à une lutte plus ferme contre les réseaux d’escroquerie opérant depuis le territoire birman.
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