Une offensive diplomatique iranienne
Arrivé à Bichkek avant l’ouverture officielle du sommet, le président iranien Massoud Pezeshkian a multiplié les rencontres avec plusieurs dirigeants présents au Kirghizistan. Il s’est notamment entretenu avec le Premier ministre indien Narendra Modi, avant des échanges prévus avec Vladimir Poutine et Xi Jinping.
Pour Téhéran, ces discussions revêtent une importance particulière alors que les relations avec Washington restent fortement tendues. L’Iran cherche notamment à consolider ses partenariats avec les principales puissances non occidentales afin de renforcer sa position sur la scène internationale.
Moscou, un partenaire stratégique pour Téhéran
La Russie occupe une place importante dans la stratégie iranienne. Les deux pays coopèrent dans plusieurs domaines, notamment la défense, le nucléaire civil et le spatial. Ils partagent également une volonté de réduire leur dépendance à l’égard des puissances occidentales.
Selon l’analyse du chercheur Clément Therme, citée par RFI, Téhéran souhaite notamment ancrer davantage Moscou dans son camp face à l’Occident. L’Iran compte aussi sur l’influence russe en Asie centrale et dans le Caucase du Sud, deux régions où il cherche à préserver ses propres intérêts.
Cette dimension régionale est d’autant plus importante que Téhéran observe avec inquiétude la progression de l’influence occidentale et turque dans ces espaces.
La Chine et la Russie face à leurs propres intérêts
Si Moscou constitue un partenaire privilégié pour l’Iran, la Chine représente également un acteur incontournable au sein de l’OCS. Pékin et Moscou affichent une coopération stratégique étroite, mais leurs intérêts ne sont pas toujours parfaitement alignés.
L’Asie centrale illustre notamment cette évolution. Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Chine a renforcé sa présence économique et diplomatique dans une région où l’influence russe a longtemps été dominante. Le commerce entre la Chine et les pays d’Asie centrale a ainsi dépassé pour la première fois les 100 milliards de dollars l’année dernière.
Cette montée en puissance chinoise oblige donc l’Iran à composer avec deux partenaires majeurs dont les ambitions régionales peuvent parfois se croiser.
Un sommet marqué par les tensions avec les États-Unis
Au-delà des rencontres officielles, le sommet de Bichkek donne à l’Iran l’occasion de renforcer les relations avec les puissances qui contestent l’ordre international dominé par Washington.
Pour Téhéran, l’enjeu consiste à transformer cette proximité diplomatique en soutien concret, notamment dans un contexte où les tensions avec les États-Unis se renforcent. Pour Moscou et Pékin, le sommet constitue également une plateforme permettant d’afficher leur volonté de promouvoir un ordre mondial plus multipolaire.
La rencontre de Bichkek apparaît ainsi comme un important rendez-vous diplomatique pour l’Iran, qui cherche à consolider ses alliances tout en préservant ses intérêts en Asie centrale et au Moyen-Orient.
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