Pour le remplacer, le chef de l’État a nommé Abdoulaye Tine, avocat et coordonnateur de la coalition Diomaye Président, un choix qui marque un repositionnement stratégique au sein de l’appareil présidentiel.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions latentes avec le Premier ministre Ousmane Sonko, leader du Pastef. Lors d’un entretien récent, le président avait rappelé qu’il détenait le pouvoir de nommer et de révoquer le chef du gouvernement, tout en reconnaissant des divergences avec sa formation politique.
Sur les réseaux sociaux, ce limogeage a suscité de vives réactions au sein des militants du Pastef, certains dénonçant une « dépastefisation » de l’État. Pour l’analyste politique Alioune Tine, cette décision pourrait marquer « le premier acte d’un divorce » entre les deux têtes de l’exécutif, remettant en cause le célèbre slogan « Diomaye moy Sonko ».
Des tensions alimentées également par les récentes prises de parole d’Ousmane Sonko. Le Premier ministre a récemment annoncé un bilan de son action gouvernementale et, lors d’une intervention devant des militants, a mis en garde contre « la course aux postes », dans une déclaration perçue comme une réponse indirecte au chef de l’État.
Pour certains observateurs, comme le journaliste Assane Samb, la nomination d’Abdoulaye Tine s’inscrit dans une volonté du président de s’entourer de profils plus fidèles, dans la perspective d’éventuelles confrontations politiques à venir.
Désormais, au Sénégal, chaque prise de parole du président semble trouver un écho immédiat du côté de la Primature, illustrant une rivalité politique de plus en plus visible au sommet de l’État.
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