D’après un communiqué du ministère nigérien de la Défense diffusé à la télévision nationale, plusieurs assaillants, dont certains portaient des ceintures explosives, ont tenté de pénétrer dans l’aérogare aux premières heures de la matinée. L’intervention rapide des forces de sécurité a toutefois permis de contenir l’attaque avant que les assaillants n’atteignent les infrastructures principales de l’aéroport.
Un lourd bilan humain
Le bilan provisoire communiqué par les autorités fait état de 13 morts côté gouvernemental, parmi lesquels 11 militaires et deux civils. Quatre personnes ont également été blessées.
Les forces de sécurité affirment avoir neutralisé 22 assaillants et procédé à l’interpellation d’une vingtaine de suspects. Une vaste opération de ratissage a été lancée dans les quartiers situés aux abords de l’aéroport afin de retrouver d’éventuels complices.
« La situation est maîtrisée et l’aéroport demeure ouvert au trafic aérien », a assuré le ministère de la Défense. Toutefois, selon les données du site spécialisé Flightradar, plusieurs vols à destination de Niamey ont été retardés ou déroutés au cours de la journée.
Plusieurs heures de combats
Des habitants vivant à proximité de l’aéroport ont rapporté avoir entendu les premiers tirs vers 6 heures du matin. Les échanges de tirs se sont poursuivis pendant plusieurs heures autour de l’entrée principale du site, où se trouve un poste de contrôle sécuritaire.
Le calme est progressivement revenu en fin de matinée, mais les forces armées ont maintenu un important dispositif de sécurité dans toute la zone. Selon plusieurs témoignages, des opérations de recherche ont été menées dans les quartiers voisins afin de neutraliser d’éventuels éléments armés encore en fuite.
Une menace persistante pour le Niger
Cette attaque intervient moins de cinq mois après une précédente offensive d’envergure contre l’aéroport de Niamey et une base militaire voisine. Revendiquée à l’époque par l’organisation État islamique au Sahel, cette attaque avait causé plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels.
Depuis son arrivée au pouvoir à la suite du coup d’État de juillet 2023, le régime militaire dirigé par le général Abdourahamane Tiani fait face à une intensification des violences djihadistes. Malgré le renforcement des mesures de sécurité autour de l’aéroport, notamment l’extension du périmètre de protection et l’installation de centaines de caméras de surveillance, les groupes armés continuent de démontrer leur capacité de nuisance.
L’État islamique au Sahel dans le viseur
Plusieurs experts en sécurité estiment que l’État islamique au Sahel (EIS) pourrait être à l’origine de cette nouvelle attaque. Ces dernières semaines, le groupe a multiplié les opérations contre les forces nigériennes dans différentes régions du pays.
Selon des analystes, la facilité avec laquelle les assaillants parviennent à mener des attaques contre des sites stratégiques soulève des interrogations sur d’éventuelles failles sécuritaires et sur la capacité des groupes armés à obtenir des renseignements sensibles.
Comme ses voisins du Burkina Faso et du Mali, le Niger reste confronté à une menace djihadiste croissante depuis plus d’une décennie. Malgré la réorientation de ses partenariats militaires vers la Russie, la Turquie et l’Iran, les autorités peinent toujours à enrayer l’expansion des groupes affiliés à l’État islamique et au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM).
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