Le Maroc fait face à une nouvelle fuite massive de données. Le groupe de hackers Jabaroot, qui se présente comme proche d’Alger, affirme avoir mis en ligne, le 24 août, les informations personnelles de près de 70 000 agents de la police et des services de renseignement marocains.
Les pirates présentent cette publication comme une action destinée à dénoncer une supposée implication de responsables sécuritaires marocains dans la crise migratoire survenue à Ceuta, à la fin du mois de juillet. Ces accusations, qui visent notamment le passage de milliers de migrants vers l’enclave espagnole, n’ont toutefois pas été établies à ce stade.
Une fuite dont l’authenticité reste partielle
La véracité de l’ensemble des données diffusées demeure difficile à confirmer. Toutefois, certains éléments apparaissant dans la base seraient crédibles. Des anciens membres du renseignement marocain, interrogés par des médias internationaux, estiment ainsi qu’une partie des informations pourrait être authentique.
Selon la presse française, la fuite aurait notamment permis de rendre publiques certaines données jusque-là inconnues du grand public, dont la date de naissance précise du responsable de la police et du renseignement intérieur marocain.
Au Maroc, plusieurs médias ont cependant relativisé l’ampleur de la fuite. Le site Média24 évoque notamment un « assemblage de données déjà compromises », estimant que les hackers auraient regroupé dans un même fichier des informations issues de précédentes compromissions.
Jabaroot revendique une nouvelle attaque
Ce n’est pas la première fois que Jabaroot revendique une cyberattaque de grande ampleur contre une institution marocaine. En 2025, le groupe avait déjà affirmé avoir piraté des données liées à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
Cette fois, les hackers qualifient la publication des données des agents de sécurité de « cadeau » à l’Europe, en référence à la crise migratoire de Ceuta.
Cette nouvelle affaire intervient alors que le Maroc est confronté à une multiplication des cyberattaques visant ses institutions. Elle relance également les interrogations sur la protection des données personnelles et la cybersécurité des services publics et sécuritaires du royaume.
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