Le projet doit répondre à la saturation croissante de l’A31, un axe majeur emprunté chaque jour par des dizaines de milliers d’automobilistes, notamment les nombreux travailleurs transfrontaliers résidant en France et travaillant au Luxembourg.
Plus de 60 000 véhicules chaque jour
Plus de 60 000 véhicules circulent quotidiennement sur la portion la plus chargée de l’autoroute, entre Thionville et le Grand-Duché. Cette forte fréquentation provoque régulièrement d’importants embouteillages et devrait continuer à progresser dans les prochaines années, avec une hausse estimée à environ 30 % d’ici 2050.
Pour y répondre, le projet prévoit notamment la construction d’une nouvelle portion autoroutière en 2×2 voies destinée à contourner Thionville. Une partie de cette infrastructure doit être réalisée en souterrain.
Le coût du chantier est évalué à plus d’un milliard d’euros. Son financement devrait être assuré par un groupe privé dans le cadre d’une concession, avec un financement répercuté sur les usagers à travers des péages.
Un gain de temps attendu pour les automobilistes
Les commissaires enquêteurs estiment que l’A31 bis permettrait d’améliorer sensiblement la fluidité du trafic. Selon leurs conclusions, le projet pourrait réduire les temps de parcours des automobilistes de l’ordre de 35 % et améliorer la fiabilité des trajets entre la France et le Luxembourg.
La commission souligne toutefois que cette nouvelle infrastructure ne devrait pas permettre d’augmenter suffisamment la part des transports collectifs. Elle alerte également sur le risque d’une nouvelle saturation de l’autoroute à l’horizon 2050.
Plusieurs réserves devront donc être prises en compte avant la poursuite du projet. Elles concernent notamment le respect des engagements pris par les autorités, la surveillance de la pollution de l’air à la sortie du tunnel et la clarification du fonctionnement d’un échangeur prévu dans le dispositif.
Des inquiétudes sur les péages et l’environnement
Le projet fait également l’objet d’oppositions en raison de son impact potentiel sur les émissions de gaz à effet de serre et de son coût élevé.
Les enquêteurs redoutent par ailleurs que les péages poussent certains automobilistes à emprunter les routes secondaires pour éviter de payer. Cette situation pourrait provoquer une augmentation du trafic et des embouteillages sur les axes locaux situés autour de la future autoroute.
L’idée de créer une nouvelle ligne ferroviaire pour offrir une alternative aux déplacements routiers a également été étudiée. Les enquêteurs considèrent toutefois qu’une telle solution serait trop coûteuse et complexe à mettre en œuvre dans l’immédiat. Ils recommandent néanmoins de poursuivre les études sur d’éventuels aménagements du réseau ferré à l’horizon 2040-2050.
Un chantier attendu à partir de 2031
L’A31 bis est évoquée depuis près de trois décennies. Avec cet avis favorable assorti de réserves, le projet franchit une nouvelle étape vers sa réalisation.
L’État espère pouvoir lancer les travaux autour de 2031, pour une mise en service envisagée en 2035. D’ici là, les réserves formulées par la commission devront être traitées avant les prochaines étapes administratives.
À terme, l’infrastructure doit contribuer à fluidifier les déplacements entre la France et le Luxembourg, tout en répondant à l’augmentation continue du trafic transfrontalier.
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