Depuis la déclaration officielle de l’épidémie le 15 mai, 676 cas confirmés ont été recensés, dont 136 décès. Les autorités sanitaires font également état de 119 cas suspects et de 32 personnes guéries, tandis que les équipes médicales poursuivent leurs efforts pour freiner la transmission.
Une propagation rapide dans plusieurs provinces
Initialement concentrée dans la province de l’Ituri, l’épidémie touche désormais également le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Selon l’OMS, de nouveaux cas sont détectés presque quotidiennement dans différentes zones de santé, signe d’une circulation active du virus au sein des communautés locales.
Olivier Le Polain, responsable de l’épidémiologie et de l’analyse de la riposte à l’OMS, souligne que la mobilité des populations favorise la diffusion de la maladie et que l’ampleur réelle de l’épidémie pourrait être supérieure aux chiffres actuellement connus.
Des capacités sanitaires insuffisantes
L’OMS estime que les infrastructures médicales ne sont pas adaptées à l’évolution de la situation. Avec seulement 250 lits d’isolement disponibles dans les provinces concernées, les capacités d’accueil sont largement inférieures aux besoins.
Par ailleurs, le suivi des personnes ayant été en contact avec des malades reste insuffisant. Si plus de 70 % des contacts sont désormais identifiés, ce taux demeure trop faible pour interrompre efficacement les chaînes de transmission.
Aucun vaccin approuvé contre la souche Bundibugyo
L’épidémie actuelle est provoquée par la souche rare Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n’est actuellement disponible. Cette particularité complique davantage la réponse sanitaire et renforce les inquiétudes des autorités internationales.
Les enfants particulièrement exposés
L’UNICEF redoute une hausse des contaminations chez les enfants dans les prochaines semaines. Dans la province de l’Ituri, plus de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent déjà de malnutrition chronique, les rendant particulièrement vulnérables face à la maladie.
L’organisation estime que la transmission au sein des foyers pourrait rapidement augmenter le nombre de cas pédiatriques, comme cela a été observé lors de précédentes flambées d’Ebola.
L’Ouganda également touché
L’épidémie a franchi les frontières de la RDC avec l’apparition de 19 cas confirmés en Ouganda, dont deux décès. Malgré cette situation, les autorités sanitaires africaines considèrent que la flambée y reste sous contrôle.
L’OMS maintient toutefois un niveau de risque très élevé pour la République démocratique du Congo, élevé pour l’Ouganda ainsi que pour les pays voisins partageant une frontière terrestre avec les deux États, appelant à une vigilance renforcée afin d’éviter une propagation régionale plus large.
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