Dans une sous-région où les rapports entre le Bénin et les États de l’AES connaissent des tensions persistantes depuis plusieurs années, cette présence apparaît comme un moment symbolique, porteur d’interprétations diverses.
Une présence diplomatique très remarquée
Plusieurs délégations de haut niveau des pays membres de l’AES ont effectué le déplacement à Cotonou pour assister à la cérémonie d’investiture.
Le Niger était représenté par son Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine, tandis que le Mali et le Burkina Faso avaient dépêché leurs ministres des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop et Karamoko Jean Marie Traoré.
Cette présence intervient dans un contexte régional marqué par des relations tendues entre le Bénin et les pays de l’AES, sur fond de divergences diplomatiques et sécuritaires.
Romuald Wadagni adopte un ton d’ouverture
Dans son discours d’investiture, Romuald Wadagni a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération régionale face à la menace terroriste qui touche plusieurs pays de la sous-région.
« Dans une sous-région confrontée au péril terroriste, nous sommes condamnés à travailler ensemble », a déclaré le nouveau président béninois devant les délégations étrangères présentes à Cotonou.
Ces propos sont perçus par certains observateurs comme une volonté d’apaisement et d’ouverture vers un dialogue renouvelé avec les pays de l’AES. C’est le cas de Abdourahamane Oumarou, homme politique nigérien, ancien député du Niger et ancien candidat à l’action présidentielle 2020 qui salue cette initiative :
« En tant que Panafricaniste, j’apprécie hautement ce geste politique et diplomatique de nos autorités nigériennes. Depuis le début de la crise entre le Niger et le Bénin, j’ai toujours défendu la voie du dialogue entre peuples et entre États frères, convaincu que les divergences politiques ne doivent jamais conduire à une rupture durable entre nations africaines partageant la même histoire, les mêmes réalités et le même destin » a-t-il écrit sur sa page Facebook.
Vers une nouvelle dynamique diplomatique ?
Depuis plusieurs mois, les relations entre le Bénin et les pays de l’AES sont marquées par des tensions, notamment autour de questions sécuritaires et de coopération régionale.
L’arrivée de Romuald Wadagni à la tête de l’État pourrait ouvrir une nouvelle phase diplomatique, même si aucune décision concrète n’a encore été annoncée.
La présence des représentants de l’AES à cette cérémonie d’investiture est ainsi perçue comme un geste symbolique fort, susceptible de marquer le début d’un réchauffement progressif des relations.
Dans un contexte encore fragile, cet événement laisse entrevoir, sans certitude, une possible reprise du dialogue entre Cotonou et l’ensemble des pays de l’AES.
Amen Tewou
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