La tension monte à nouveau entre l’Arabie saoudite et les Houthis. Le mouvement yéménite, soutenu par l’Iran, a revendiqué lundi une attaque de grande ampleur contre plusieurs positions saoudiennes, notamment la base aérienne King Khalid à Khamis Mushait, dans le sud du royaume.
Selon la coalition militaire dirigée par Riyad, des missiles et des drones ont été lancés en direction de plusieurs villes, dont Khamis Mushait, Abha et Taïf. Les attaques ont fait 13 blessés parmi les civils.
Une série de frappes revendiquée par les Houthis
Les Houthis ont déclaré avoir utilisé « des dizaines de missiles balistiques et de drones » contre la base King Khalid. Un habitant de la région cité par l’AFP a rapporté avoir vu plusieurs projectiles tomber sur la base et entendu des explosions. Il a également fait état d’un incendie qui aurait duré plusieurs heures.
Le mouvement affirme également avoir visé des infrastructures pétrolières saoudiennes. Ces attaques interviennent alors que les forces houthis ont récemment renforcé leur contrôle de plusieurs zones au Yémen et accru leur présence autour du détroit de Bab el-Mandeb, passage maritime stratégique reliant la mer Rouge à l’océan Indien.
Riyad promet une réponse
Face à ces attaques, la coalition militaire saoudienne a assuré qu’elle entendait répondre « avec responsabilité et fermeté ».
Le prince héritier Mohammed ben Salmane a, de son côté, rencontré lundi à Djeddah le commandant du Central Command américain, Brad Cooper. Les discussions ont notamment porté sur les derniers développements dans la région. Le dirigeant saoudien devait également se rendre en Égypte mardi pour rencontrer le président Abdel Fattah al-Sissi.
La situation intervient alors que Riyad doit composer avec des tensions sur deux passages maritimes essentiels pour le transport des hydrocarbures, Bab el-Mandeb et le détroit d’Ormuz. Le second est bloqué par l’Iran depuis plusieurs mois, tandis que le premier est devenu plus vulnérable avec la reprise des opérations des Houthis.
L’Iran dément toute implication
Téhéran rejette toutefois toute responsabilité dans les attaques. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a qualifié la question yéménite de « faux prétexte » et assuré que son pays n’intervenait pas dans les affaires du Yémen.
Selon lui, les Houthis sont « totalement indépendants » et prennent leurs décisions en fonction de leurs propres intérêts.
Cette position intervient alors qu’une réunion consacrée à l’avenir du détroit d’Ormuz, qui devait réunir notamment des représentants de l’Iran et des pays du Golfe à Oman, a été reportée à la demande de l’Arabie saoudite.
La situation se dégrade au Yémen
Les nouveaux affrontements interviennent après plusieurs semaines de reprise des combats au Yémen. Une offensive des Houthis a récemment infligé des revers aux forces du gouvernement yéménite et à leurs alliés saoudiens.
Lundi, une frappe des Houthis dans l’ouest du pays aurait également tué huit soldats des forces gouvernementales, selon deux sources militaires.
D’après l’Organisation internationale pour les migrations, les combats récents dans l’ouest du Yémen ont fait plusieurs centaines de morts et déplacé près de 86 000 personnes.
La reprise des hostilités complique davantage les efforts diplomatiques dans la région, alors que les discussions entre Washington et Téhéran restent bloquées. Le président américain Donald Trump a encore déclaré lundi être disposé à discuter avec l’Iran, tandis qu’un responsable iranien a estimé qu’aucune négociation ne pourrait reprendre avant la satisfaction des conditions posées par Téhéran.
Afrique
Europ et Moyen-Orient
Amériques
Asie









