Les préparatifs du dialogue national soudanais sont officiellement lancés. Le Comité de préparation du dialogue national a tenu, dimanche 30 juin à Khartoum, sa première réunion, marquant le début d’un processus censé contribuer à une sortie de crise et à l’instauration d’une paix durable dans le pays.
L’initiative avait été annoncée par le chef de l’armée soudanaise, le général Abdel Fattah al-Burhan, qui entend faire de ce dialogue un instrument pour préparer l’avenir politique du Soudan. Mais le contexte reste particulièrement difficile : le pays est toujours plongé dans la guerre et les Forces de soutien rapide (FSR), en conflit avec l’armée depuis plusieurs années, ne sont pas associées au processus.
Des consultations pour définir le cadre du dialogue
Le comité chargé de préparer les discussions rassemble plusieurs personnalités issues de la société civile, du monde universitaire, des médias et du secteur juridique.
Sa première mission consiste à consulter les différents acteurs politiques et sociaux soudanais, mais aussi des partenaires régionaux et internationaux. Ces consultations doivent permettre de définir un agenda commun ainsi qu’un cadre de discussion, avec l’ambition affichée de mettre en place un dialogue « sérieux, indépendant et inclusif ».
Mais cette volonté d’inclusivité se heurte déjà au refus d’une partie des acteurs politiques soudanais.
Une initiative déjà contestée
Plusieurs personnalités et organisations ont décliné l’invitation à participer au processus. Parmi elles figure Abdel Wahid al-Nur, chef du Mouvement de libération du Soudan (SLM), qui a annoncé ce week-end à Nairobi son refus de rejoindre le dialogue.
Le dirigeant considère cette initiative comme un moyen de légitimer le pouvoir militaire. Il l’a notamment présentée comme un « prétexte » destiné à justifier le rôle du chef de l’armée dans la crise politique soudanaise.
La contestation ne se limite pas aux mouvements armés. La semaine précédente, une coalition réunissant plusieurs partis politiques et organisations de la société civile avait également rejeté l’initiative lors d’une rencontre organisée à Addis-Abeba. Parmi les participants figurait notamment l’ancien Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok.
Le risque d’un dialogue sans consensus
Pour plusieurs observateurs, la principale difficulté réside dans l’absence de consensus autour du processus. Le chercheur Tsega’ab Amare, de la Horn Review, estime ainsi que les chances de réussite restent limitées si le dialogue vise à transformer une victoire militaire en transition politique.
Cette méfiance intervient alors que le Soudan reste profondément divisé par le conflit entre l’armée et les FSR. Dans ces conditions, l’absence de plusieurs forces politiques et, surtout, l’exclusion des FSR soulèvent des interrogations sur la capacité du futur dialogue à déboucher sur un accord réellement national.
Pour ses promoteurs, le processus doit néanmoins permettre d’ouvrir un espace de discussions sur l’avenir politique du pays. Reste à convaincre les principales forces soudanaises de s’asseoir autour de la même table, condition essentielle pour espérer parvenir à une sortie durable de la guerre.
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