Dans un communiqué relayé par l’agence de presse officielle, le procureur du Roi indique que l’arrestation repose sur plusieurs avis de recherche émis à l’encontre du journaliste. Celui-ci est actuellement auditionné par les enquêteurs de la BNPJ, en attendant la décision du parquet.
L’Association marocaine des droits humains (AMDH) conteste la légalité de cette interpellation. Son représentant à Rabat, Hakim Sikouk, affirme qu’Ali Lmrabet fait l’objet de plusieurs plaintes pour diffamation et diffusion de fausses informations, mais estime que son arrestation revêt un caractère arbitraire.
Exilé depuis plusieurs années, Ali Lmrabet est une personnalité connue du paysage médiatique marocain. Il avait été interdit d’exercer le journalisme au Maroc entre 2005 et 2015 à la suite de déclarations sur les Sahraouis des camps de Tindouf. En 2003, il avait également été condamné à une peine de prison pour « outrage au Roi ».
L’AMDH attend désormais les réquisitions du parquet afin de savoir si le journaliste sera remis en liberté, placé en détention provisoire ou si sa garde à vue sera prolongée.
De son côté, Reporters sans frontières (RSF) exprime sa vive inquiétude. Son directeur pour l’Afrique du Nord, Oussama Bouagila, estime que les éléments connus à ce stade ne justifient pas la privation de liberté d’un journaliste dans l’exercice de sa profession.
Selon RSF, les policiers auraient informé Ali Lmrabet qu’il est poursuivi pour diffusion de fausses informations portant atteinte aux institutions constitutionnelles. L’organisation considère ces poursuites comme une atteinte à la liberté de la presse et dénonce une répression à caractère politique, tout en appelant la justice marocaine à garantir le respect de ses droits.
D’après l’AMDH, Ali Lmrabet doit être présenté au procureur ce mardi, une étape décisive qui déterminera les suites judiciaires de cette affaire, suivie de près par les organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse.
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