Présentée comme une réforme majeure visant à renforcer l’État de droit et la séparation des pouvoirs, cette initiative s’inspire des recommandations issues des Assises de la justice de 2024 et du Dialogue national de 2025. Toutefois, le texte suscite déjà des interrogations au sein de la classe politique, notamment sur d’éventuelles modifications apportées par les députés du parti au pouvoir, le Pastef, par rapport à la version initialement proposée par la présidence.
Une Cour constitutionnelle pour renforcer l’État de droit
Parmi les principales innovations figurant dans le projet, la création d’une Cour constitutionnelle en remplacement de l’actuel Conseil constitutionnel. Cette nouvelle institution serait composée de neuf membres, contre sept actuellement, nommés pour un mandat unique de six ans.
Dans une volonté affichée de garantir davantage d’indépendance, trois des neuf juges seraient désignés par le président de l’Assemblée nationale, réduisant ainsi l’influence directe de l’exécutif sur cet organe chargé de veiller au respect de la Constitution.
Un Premier ministre aux pouvoirs renforcés
Le projet prévoit également un renforcement significatif des prérogatives du Premier ministre. Une disposition qui alimente déjà les débats politiques, notamment dans le contexte des relations parfois complexes entre les différentes têtes de l’exécutif.
Autre mesure notable : l’interdiction pour le président de la République d’exercer simultanément la direction d’un parti politique. Une réforme qui vise à consolider la neutralité de la fonction présidentielle et à favoriser un meilleur équilibre institutionnel.
Un Parlement doté de nouveaux pouvoirs
L’Assemblée nationale verrait également ses compétences élargies. Le texte lui accorde notamment la possibilité d’auditionner toute personne dans le cadre de commissions d’enquête parlementaires, renforçant ainsi son rôle de contrôle de l’action publique.
Des inquiétudes autour de certains ajouts
Malgré l’objectif consensuel affiché par les autorités, plusieurs voix s’élèvent pour demander davantage de transparence sur la version actuellement examinée.
Les critiques se concentrent notamment sur l’article 57, qui pourrait conférer au Premier ministre le pouvoir de nommer aux emplois civils. Une disposition jugée sensible par certains parlementaires, qui réclament la publication de l’avis du président de la République sur la mouture finale du texte.
Alors que les travaux parlementaires se poursuivent, cette réforme constitutionnelle apparaît comme un test politique majeur pour les institutions sénégalaises. Son adoption pourrait redessiner durablement l’équilibre des pouvoirs au Sénégal.
Afrique
Europ et Moyen-Orient
Amériques
Asie










