Selon des sources au sein de l’opposition, les huit responsables politiques ont été arrêtés sans mandat d’arrêt ni explication officielle. Tous sont membres du Groupe de concertation des acteurs politiques, qui regroupe au total treize dirigeants.
La première interpellation a visé Avocksouma Djona Atchénémou, président du parti Les Démocrates, arrêté à son domicile en compagnie de son épouse. Par la suite, sept autres leaders, réunis en urgence au siège du Parti africain pour la paix et la justice sociale (PAP/JS), ont été appréhendés par les forces de sécurité.
Locaux saccagés et figures de l’opposition ciblées
Lors de l’intervention, les forces de l’ordre ont également procédé à des dégradations matérielles dans les locaux du PAP/JS, selon le porte-parole de la coalition, Hissen Abdoulaye. Des vitres auraient été brisées et plusieurs véhicules saisis.
Parmi les personnalités arrêtées figurent notamment Max Kemkoye et Nassour Koursami, considérés comme des figures importantes de l’opposition. Les huit responsables ont été conduits à la coordination de la police judiciaire de N’Djamena, sans accès à leurs avocats à ce stade.
Une dissolution controversée du Gcap
Ces interpellations interviennent au lendemain d’un arrêté de la Cour suprême du Tchad ordonnant la dissolution du Groupe de concertation des acteurs politiques. Le texte déclare illégales toutes les activités de cette coalition sur l’ensemble du territoire national.
Cette décision judiciaire survient alors que le Gcap appelait à une « marche de protestation et d’indignation » prévue le 2 mai, suscitant de vives tensions avec les autorités.
Silence des autorités après les interpellations
Dans un communiqué publié vendredi, le ministre de la Sécurité Ali Ahmat Akhabache avait qualifié cette mobilisation d’« atteinte à l’ordre public ». Depuis les arrestations, les autorités tchadiennes n’ont pas encore officiellement réagi.
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