Dans plusieurs enquêtes d’opinion, son taux de désapprobation dépasse désormais les 50 %. De nombreux Chiliens affirment ne pas constater les changements annoncés durant la campagne présidentielle.
Une économie sous pression
L’une des premières décisions du gouvernement a concerné la réforme d’un mécanisme de stabilisation des prix des carburants. Cette mesure a contribué à une hausse du coût de la vie et à une pression accrue sur le budget des ménages.
Le gouvernement justifie ses choix par la nécessité de redresser des finances publiques jugées fragiles. Toutefois, plusieurs citoyens disent ressentir directement les effets de cette politique, notamment à travers la hausse des dépenses quotidiennes.
Sur le plan économique, l’exécutif a également revu certaines de ses prévisions. L’objectif de croissance a été abaissé tandis que le déficit budgétaire attendu a été réévalué à la hausse.
La sécurité, un chantier encore ouvert
La lutte contre l’insécurité, autre pilier du programme présidentiel, rencontre également des difficultés. Malgré le maintien du Chili parmi les pays les plus sûrs d’Amérique latine, les autorités restent confrontées à une augmentation des homicides et des enlèvements observée ces dernières années.
Le gouvernement a déjà connu un revers avec le départ anticipé de la ministre de la Sécurité, remplacée moins de trois mois après sa nomination.
Pour reprendre la main, José Antonio Kast a annoncé plusieurs mesures, dont un renforcement des effectifs policiers dans une cinquantaine de quartiers sensibles et un durcissement des sanctions contre le crime organisé.
L’immigration, promesse difficile à tenir
C’est toutefois sur la question migratoire que les obstacles apparaissent les plus importants. Durant sa campagne, le président avait promis l’expulsion de centaines de milliers de migrants en situation irrégulière.
Selon les chiffres officiels, 639 personnes ont été expulsées depuis son arrivée au pouvoir. Un rythme très éloigné de l’objectif annoncé.
La rupture des relations diplomatiques entre le Chili et le Venezuela complique notamment l’organisation des retours de migrants vénézuéliens, qui représentent une part importante de l’immigration irrégulière dans le pays.
Face à ces contraintes, le gouvernement mise désormais davantage sur les départs volontaires.
Des attentes toujours fortes
Malgré les critiques, certains observateurs appellent à laisser davantage de temps au nouveau pouvoir pour mettre en œuvre son programme. Pour ses partisans, les difficultés rencontrées résultent autant de la situation héritée que des défis structurels auxquels le pays est confronté.
Après seulement cent jours à la tête du Chili, José Antonio Kast se trouve déjà face à un premier test politique : transformer ses promesses de campagne en résultats concrets dans un contexte économique et social plus complexe que prévu.
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