Selon RFI, lors de l’audition, le représentant républicain Christopher Smith, figure influente de la Commission des affaires étrangères, a soutenu sans réserve la ligne de Donald Trump. Selon lui, « le Nigeria est l’épicentre des persécutions anti-chrétiennes les plus brutales et meurtrières dans le monde » et le gouvernement nigérian manquerait à son obligation constitutionnelle de protéger ses citoyens. Il appelle à des sanctions ciblées : interdictions de voyager, gels d’avoirs et mesures punitives contre les individus ou entités impliqués.
Face à lui, la démocrate Sara Jacobs a dénoncé une approche « irresponsable » de la Maison Blanche. Elle plaide pour une diplomatie renforcée avec Abuja afin d’encourager des réformes institutionnelles durables. « Les menaces de Donald Trump ne résoudront rien », a-t-elle déclaré, invitant à soutenir le Nigeria plutôt qu’à le punir.
Une décision contestée et une délégation nigériane à Washington
Pour l’heure, aucune résolution contraignante n’a été adoptée. L’administration Trump indique qu’une délégation nigériane de haut niveau est à Washington cette semaine pour discuter de la situation. Début novembre, Donald Trump avait même évoqué une possible intervention militaire, affirmant que les chrétiens seraient « massacrés » au Nigeria des accusations fermement rejetées par Abuja.
La mise sur liste noire du Nigeria intervient après des mois de lobbying de parlementaires conservateurs et de groupes évangéliques, qui estiment que les chrétiens y subissent un « génocide ».
Des causes d’insécurité plus complexes qu’un conflit religieux
Pour de nombreux responsables et chercheurs nigérians, l’insécurité dans le pays est largement alimentée par le banditisme, les tensions foncières et les rivalités autour des ressources, plutôt que par des affrontements confessionnels. Les données montrent également que les groupes jihadistes, actifs dans le nord-est, tuent « davantage de musulmans que de chrétiens ».
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