À Garoua, les forces de sécurité ont eu recours à un canon à eau pour disperser les partisans du candidat de l’opposition Issa Tchiroma Bakary, dimanche. Ce dernier s’est autoproclamé vainqueur du scrutin et a appelé le président sortant Paul Biya, 92 ans, au pouvoir depuis 1982, à « reconnaître sa défaite ».
Le parti au pouvoir dénonce des violences
Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) a dénoncé, jeudi, l’incendie d’un de ses bureaux à Dschang, dans l’Ouest du pays. L’incident, survenu la veille, a été largement relayé sur les réseaux sociaux. Le secrétaire général du parti, Jean Nkuete, a annoncé des poursuites judiciaires contre les auteurs présumés.
Du côté du pouvoir, les proches du président Biya accusent l’opposition de vouloir semer le désordre et de contester prématurément le processus électoral. La Cour constitutionnelle doit proclamer les résultats officiels d’ici le 26 octobre.
Accusations de fraudes et tensions dans les rues
Mercredi, Issa Tchiroma a dénoncé des « fraudes massives », évoquant des tentatives de bourrage d’urnes et d’autres irrégularités, soutenues par plusieurs organisations de la société civile. Ces accusations ont provoqué des manifestations à Douala, Yaoundé et Maroua, où des barricades ont été érigées.
Les forces de l’ordre ont répliqué par des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Aucune victime n’a été signalée, mais une vingtaine de personnes ont été interpellées, notamment pour avoir tenté de pénétrer dans les locaux d’Elections Cameroon (ELECAM), l’organe en charge du scrutin.
Le préfet du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, a appelé au calme, déclarant : « Nous ne voulons pas que les gens se fassent justice eux-mêmes. »
Un scrutin sous haute tension politique
Malgré une opposition fragmentée et l’exclusion de certains candidats majeurs, Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre du président Biya passé dans l’opposition, a réussi à mobiliser une base populaire significative.
Le scrutin de 2025 s’annonce comme un tournant pour un pays dirigé depuis plus de quatre décennies par le même homme. Le long règne de Paul Biya reste marqué par une corruption endémique, un conflit sécessionniste dans les régions anglophones de l’Ouest, et un ralentissement économique malgré d’importantes ressources naturelles.
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