Depuis plusieurs semaines, les régions du centre, du nord et de l’ouest du Mali notamment Mopti, Gao, Kayes et Ségou subissent une pénurie aiguë d’essence et de gasoil. Les attaques répétées du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), ou JNIM, organisation liée à al-Qaïda, ont pour objectif d’asphyxier économiquement le pays. Les djihadistes incendient les camions-citernes et minent les routes, rendant périlleux tout transport de produits pétroliers vers la capitale.
Bamako paralysée par la pénurie
Longtemps épargnée, Bamako subit désormais de plein fouet les effets de ce blocus énergétique. Les files d’attente s’allongent devant les stations-service, certaines s’étendant sur plusieurs centaines de mètres. De nombreuses stations ont fermé, faute d’approvisionnement, tandis que celles qui restent ouvertes sont prises d’assaut dès l’aube.
Dans les rues, motos poussées à la main et voitures abandonnées se multiplient. Bien que le prix officiel soit fixé à 775 F CFA le litre d’essence et 725 F CFA pour le gasoil, le marché noir flambe : jusqu’à 1 000 F CFA le litre dans certains quartiers périphériques.
Selon un économiste de Bamako, la situation illustre « la forte dépendance du Mali à ses voisins côtiers ». En effet, le pays importe plus d’un tiers de ses hydrocarbures via les ports de Dakar (Sénégal) et d’Abidjan (Côte d’Ivoire).
Mais les routes reliant ces ports au Mali sont devenues des zones à haut risque, souvent la cible d’embuscades djihadistes. Les forces armées maliennes escortent désormais les convois de carburant, une mesure qui limite certains blocages sans parvenir à garantir une sécurité totale.
Des mesures promises par les autorités
Le gouvernement de transition se veut rassurant. Le ministre de la Sécurité, le général Daoud Aly Mohammedine, a annoncé l’adoption prochaine de « mesures fortes » pour rétablir l’approvisionnement en carburant. Une communication officielle est attendue « au moment opportun ».
Parallèlement, des négociations informelles seraient menées par des notables de Mopti pour tenter d’obtenir une levée du blocus auprès du JNIM, sans résultat pour l’heure.
Cette crise énergétique met en lumière les faiblesses structurelles du Mali : son enclavement, sa dépendance logistique et la fragilité de ses infrastructures. Les conséquences s’annoncent lourdes pour le transport, l’agriculture et les services publics.
« Tant que les routes ne seront pas sécurisées, ce type de blocage reviendra régulièrement », estime un chercheur en géopolitique.
À Bamako, l’exaspération monte. Entre colère et résignation, les habitants craignent une crise sociale majeure. L’interdiction de stocker du carburant dans des bidons aggrave leur sentiment d’impuissance face à une crise qui semble loin d’être résolue.
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