(Conakry) Depuis l’ouverture du procès sur le massacre du 28 septembre 2009, la CPI suit de près l’évolution de la justice guinéenne. Pour rappel, cette tragédie survenue au stade de Conakry avait fait plus de 150 morts et des dizaines de femmes violées lors d’une répression sanglante d’une manifestation pacifique sous le régime de Dadis Camara.
Un accord de coopération judiciaire avait été signé en 2022 entre la CPI et les autorités de transition dirigées par le colonel Mamadi Doumbouya, garantissant l’engagement de la Guinée à poursuivre en toute indépendance les auteurs des crimes. Or, la grâce présidentielle accordée récemment à Moussa Dadis Camara, condamné pour crimes de guerre, suscite de vives inquiétudes à La Haye.
L’article 4 dudit accord stipule en effet que la CPI se réserve le droit de se saisir du dossier en cas de mesures « susceptibles de nuire fortement à l’avancement de la justice ou constituant une obstruction aux procédures judiciaires ».
La libération de l’ancien président, en pleine attente d’un procès en appel, pourrait ainsi remettre en cause la crédibilité de l’engagement judiciaire guinéen, ouvrant la voie à une reprise en main par la juridiction internationale. Ce développement relance le débat sur la lutte contre l’impunité et le respect des droits des victimes du massacre de 2009.
Richard Aziague
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