Un record de stabilité politique
Vendredi, le gouvernement de Giorgia Meloni a atteint 1 413 jours consécutifs au pouvoir. Une performance rare dans un pays marqué depuis 1945 par une succession rapide de gouvernements.
Frères d’Italie entend célébrer cette étape à Bari, dans le sud du pays. Des milliers de partisans sont attendus pour un rassemblement au cours duquel Meloni doit prendre la parole depuis une tribune donnant sur la mer Adriatique, sous le slogan « Le gouvernement le plus stable, une Italie plus forte ».
Cette stabilité a également renforcé la position de Meloni au niveau européen. Alors que son arrivée au pouvoir en octobre 2022 suscitait des inquiétudes à Bruxelles en raison de ses origines politiques nationalistes et post-fascistes, elle est progressivement devenue une interlocutrice importante au sein de l’Union européenne.
Son gouvernement a notamment gagné en influence sur des dossiers comme l’immigration, le commerce et le soutien à l’Ukraine.
Des résultats économiques, mais des réformes à la peine
La Première ministre peut mettre en avant plusieurs résultats. Le chômage est notamment tombé à 5 % cette année, son niveau le plus bas depuis le début des statistiques nationales en 2004.
Son gouvernement a également maintenu les finances publiques dans les limites fixées par l’Union européenne. Les arrivées de migrants par bateau depuis l’Afrique du Nord ont, elles aussi, fortement diminué depuis 2023.
Mais ces résultats ne suffisent pas à masquer les difficultés structurelles de l’économie italienne. Le pays reste confronté à une faible productivité, au vieillissement démographique, à la stagnation des salaires et à la fuite des cerveaux.
Le plan de relance financé par l’Union européenne, qui avait soutenu l’économie durant les premières années du mandat de Meloni, arrive par ailleurs à son terme et offre moins de marge de manœuvre au gouvernement.
Sur le plan politique, plusieurs réformes promises par Meloni connaissent également des difficultés. En mars, les électeurs ont rejeté une réforme du système judiciaire, infligeant à la Première ministre sa première défaite électorale.
La droite radicale met Meloni sous pression
La principale menace politique vient désormais de sa droite. Roberto Vannacci, ancien général devenu figure de l’extrême droite, a lancé son mouvement Futuro Nazionale et gagne progressivement du terrain auprès d’électeurs déçus par la modération de Meloni.
Vannacci critique notamment la politique européenne et le soutien italien à l’Ukraine. Il défend également la « remigration », plaçant ainsi la Première ministre sous pression sur son propre terrain politique, notamment sur la question migratoire.
Selon plusieurs analystes cités par Euractiv, une partie des électeurs ne reproche plus à Meloni son radicalisme, mais au contraire sa modération sur certains sujets européens et internationaux.
Un récent sondage créditerait Futuro Nazionale de 7,5 % des intentions de vote, devant Forza Italia et à proximité de la Ligue de Matteo Salvini, donnée à 5,7 %.
Une réélection loin d’être acquise
Frères d’Italie reste néanmoins le premier parti du pays, avec près de 26 % des intentions de vote. Mais l’écart entre la coalition de centre-droit dirigée par Meloni et le bloc de centre-gauche s’est réduit dans plusieurs sondages réalisés durant l’été.
Le centre-gauche tente actuellement de se rassembler autour d’un « campo largo », regroupant différentes forces politiques, même s’il ne dispose pas encore d’un leader clairement établi.
Les prochaines élections législatives sont prévues en septembre 2027, mais des spéculations circulent déjà sur la possibilité d’un scrutin anticipé au printemps.
Après avoir battu un record de longévité qui témoigne de sa capacité à durer au pouvoir, Giorgia Meloni devra donc préserver son alliance politique et contenir la progression de la droite radicale si elle veut prolonger son expérience gouvernementale au-delà de 2027.
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