Ces refus compliquent la surveillance de l’épidémie. Sans prélèvement, il est impossible de déterminer si les personnes décédées étaient infectées par le virus. Il devient également plus difficile pour les équipes sanitaires d’identifier les personnes ayant pu être exposées au virus lors des soins ou des funérailles.
Des décès qui échappent au dépistage
Dans plusieurs cas, les difficultés commencent après un décès survenu au domicile. Les équipes sanitaires se rendent auprès des familles pour effectuer un prélèvement sur le défunt. Mais face au refus des proches ou de la communauté, le corps peut être enterré sans avoir été testé.
Cette situation représente un risque important, car les personnes ayant manipulé le corps peuvent avoir été exposées au virus. Il s’agit notamment des proches ayant soigné le malade, transporté sa dépouille ou participé à sa toilette et à son habillement avant les funérailles.
Sans confirmation biologique, les équipes de surveillance disposent de moins d’éléments pour retrouver et suivre ces contacts.
Des refus également dans les centres de soins
Les résistances communautaires ne concernent pas uniquement les prélèvements. Les sept derniers rapports examinés font également état de refus d’isolement et de transfert de patients vers les centres de traitement.
La majorité des décès enregistrés récemment sont d’ailleurs survenus en dehors des structures médicales. Entre le 26 août et le 1er septembre, 295 décès ont été recensés en RDC, dont 210 dans les communautés contre 85 dans les centres de traitement.
Plus de sept décès sur dix ont donc été enregistrés hors des structures de soins, où les patients peuvent normalement être isolés et bénéficier d’une prise en charge adaptée.
Plus de 3 000 morts depuis le début de l’épidémie
Déclarée officiellement à la mi-mai, cette 17e épidémie d’Ebola en RDC a désormais franchi le seuil des 3 000 morts recensés.
L’épidémie est partie de l’Ituri et est liée à la souche Bundibugyo du virus Ebola. Aucun vaccin ni traitement n’est actuellement homologué spécifiquement contre cette souche, même si plusieurs candidats vaccins et traitements font l’objet d’essais.
Pour les autorités sanitaires et leurs partenaires, la réduction des résistances communautaires demeure donc un enjeu majeur pour améliorer la détection des cas, retrouver les contacts et limiter la propagation du virus.
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