La République démocratique du Congo a commencé à vacciner la population contre Ebola à Kisangani, capitale de la province du Tshopo, où une épidémie sévit depuis la mi-mai.
Les premières doses ont notamment été administrées à des professionnels de santé, considérés comme particulièrement exposés au risque de contamination. Dans l’un des centres de vaccination de la ville, 122 personnes ont reçu une dose jeudi, selon Salthiel Wayele, responsable de la campagne. Le centre a ensuite reçu 128 doses supplémentaires vendredi, permettant la poursuite des opérations.
Le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, a lui-même participé au lancement de la vaccination en administrant une dose à un professionnel de santé.
Un vaccin dont l’efficacité reste une question
La campagne repose sur le vaccin Ervebo, qui a démontré son efficacité contre la souche Zaïre du virus Ebola, la plus fréquemment rencontrée.
Mais l’épidémie actuelle en RDC est liée à une autre souche, Bundibugyo, beaucoup plus rare. Selon les informations fournies par Africanews et l’AFP, aucun vaccin ni traitement spécifique n’est actuellement disponible pour cette souche.
Cette situation soulève donc des interrogations sur le niveau de protection apporté par Ervebo dans le contexte de l’épidémie actuelle.
Pour les professionnels de santé de Kisangani, la vaccination constitue néanmoins une mesure de prévention importante. Jérôme Bonui Boliaka, président de l’Association des infirmiers de Kisangani, estime qu’elle permet notamment de renforcer les défenses immunitaires face au virus.
De son côté, le médecin Jean-Louis Etukumalo souligne la nécessité pour les soignants de se protéger afin de pouvoir continuer à prendre en charge les patients.
Plus de 2 700 décès recensés
L’épidémie, déclarée officiellement le 15 mai, continue de peser sur le système de santé congolais. Plus de 5 600 cas confirmés et 2 700 décès ont été recensés depuis le début de la flambée, selon les données citées dans le bilan communiqué par les autorités sanitaires.
Le démarrage de la vaccination à Kisangani intervient ainsi dans un contexte de forte pression sur les équipes médicales et les dispositifs de riposte.
La priorité est désormais d’étendre la vaccination aux personnes les plus exposées et de renforcer les mesures de surveillance et de prise en charge afin de contenir la propagation du virus.
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