La tension politique entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko continue de susciter des inquiétudes au Sénégal. Ce vendredi 12 juin 2026, un collectif baptisé « Forces vives de la nation », composé de syndicats, d’universitaires et d’organisations de la société civile, a appelé le Conseil constitutionnel à examiner la légalité de l’élection d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale.
Au cœur de la contestation figure la réintégration de l’ancien chef du gouvernement au sein de l’hémicycle, une décision qui a permis son élection au perchoir le 26 mai dernier. Pour les signataires de l’appel, seule une décision du Conseil constitutionnel est susceptible de mettre fin aux interrogations juridiques et d’éviter une escalade des tensions entre les institutions.
Selon Djibril Gningue, membre du Centre de réflexion Gradec et signataire du texte, il est essentiel que la haute juridiction « dise le droit » afin que toutes les parties se conforment à sa décision et que le climat politique retrouve sérénité et stabilité.
Le collectif demande ainsi au Conseil constitutionnel de ne pas se déclarer incompétent et de statuer rapidement, avant que les travaux parlementaires ne connaissent une nouvelle accélération.
Un appel au dialogue pour préserver la stabilité politique
Au-delà de la question juridique, les Forces vives de la nation invitent également le président Bassirou Diomaye Faye à renouer le dialogue avec les partis politiques et les organisations de la société civile. Elles exhortent par ailleurs les différents camps à éviter toute posture de confrontation susceptible de replonger le pays dans une crise politique aux lourdes conséquences.
La controverse remonte à l’élection d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale avec 132 voix sur 133 suffrages exprimés, en l’absence d’une partie des députés de l’opposition qui contestent la validité de son retour comme parlementaire. Il a succédé à Malick Ndiaye, démissionnaire quelques jours auparavant.
Cette nouvelle bataille institutionnelle intervient dans un contexte de rupture politique entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Les deux hommes, élus en 2024 sous le slogan « Sonko mooy Diomaye », ont progressivement vu leurs relations se détériorer sur fond de divergences concernant la gestion de la dette publique, les réformes de la justice et la conduite des affaires de l’État.
Alors que le recours déposé par l’opposition est toujours en attente d’examen, la décision du Conseil constitutionnel pourrait s’avérer déterminante pour l’avenir des institutions sénégalaises et pour l’apaisement du climat politique.
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