Mercredi, Patrice Talon a présidé son dernier Conseil des ministres après une décennie marquée par de profondes réformes économiques, institutionnelles et politiques. Face aux médias nationaux et internationaux, le porte-parole du gouvernement Wilfried Houngbédji est revenu sur plusieurs dossiers sensibles, notamment les licenciements à la Société de radio et télévision du Bénin (SRTB), le bilan du pouvoir et la question des détenus politiques.
Les licenciements à la SRTB suscitent la polémique
Le récent licenciement de 169 agents de la Société de radio et télévision du Bénin, annoncé le 13 mai 2026, a largement dominé les échanges avec la presse. Interrogé sur cette décision controversée, Wilfried Houngbédji a renvoyé les journalistes vers les responsables de l’entreprise publique pour davantage d’explications.
Le porte-parole du gouvernement a toutefois reconnu des insuffisances dans la gestion humaine du dossier. « Humainement, c’est déplorable », a-t-il déclaré, regrettant que les employés concernés aient été informés tardivement de leur licenciement.
Cette affaire intervient dans un contexte social sensible alors que le pays s’apprête à tourner la page de l’ère Talon.
Un bilan défendu par le gouvernement béninois
Concernant le bilan des dix années de gouvernance de Patrice Talon, le gouvernement a mis en avant les réformes économiques, administratives et infrastructurelles engagées depuis 2016.
Wilfried Houngbédji a également défendu les réformes politiques souvent critiquées par l’opposition béninoise. Selon lui, le Bénin a dû adapter son modèle démocratique à ses réalités nationales plutôt que reproduire les systèmes occidentaux.
« Les principes sont les mêmes, mais chaque pays doit adapter la démocratie à son histoire et à son contexte », a expliqué le porte-parole, estimant que les réformes menées visaient à renforcer les institutions et la stabilité politique du pays.
La question sensible des détenus politiques
La situation des personnalités emprisonnées, dont Reckya Madougou, Joël Aivo et Olivier Boko, reste l’un des sujets les plus sensibles de la fin du mandat de Patrice Talon.
À la question d’une éventuelle grâce présidentielle avant le départ du chef de l’État, Wilfried Houngbédji est resté prudent. « En 96 heures, beaucoup de choses peuvent se passer », a-t-il affirmé, laissant planer le doute sur une possible mesure d’apaisement politique.
Le gouvernement rejette cependant le terme de « prisonniers politiques ». Selon son porte-parole, les personnes détenues sont poursuivies pour des infractions de droit commun et non pour leurs opinions politiques.
Une transition politique sous haute attention
Le départ de Patrice Talon marque une étape importante dans l’histoire politique récente du Bénin. Arrivé au pouvoir en 2016, l’homme d’affaires devenu président aura profondément transformé le paysage économique et institutionnel du pays, tout en faisant face à de nombreuses critiques sur les libertés publiques et la gouvernance démocratique.
L’arrivée attendue de Romuald Wadagni à la tête de l’État ouvre désormais une nouvelle séquence politique pour le Bénin, suivie de près aussi bien à l’intérieur du pays qu’au niveau international.
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