Le Premier ministre britannique Keir Starmer a rejeté lundi les appels à la démission, y compris ceux émanant du chef du Parti travailliste en Écosse, après une série de départs au sein de son entourage et une polémique liée à l’affaire Jeffrey Epstein.
La crise a été déclenchée par la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington, une décision critiquée en raison de ses liens passés avec le financier américain Jeffrey Epstein. Sous la pression, deux figures clés de Downing Street ont quitté leurs fonctions en quelques jours, dont le directeur de la communication Tim Allan et le conseiller stratégique Morgan McSweeney, qui a assumé la responsabilité d’avoir recommandé cette nomination.
Malgré la tempête politique, Keir Starmer a tenté de mobiliser ses équipes et d’afficher l’unité gouvernementale. « Nous devons prouver que la politique peut être une force positive », a-t-il déclaré à ses collaborateurs, assurant vouloir poursuivre les réformes engagées après la large victoire travailliste aux élections de 2024.
Mais la contestation s’est étendue au sein même du Parti travailliste. Anas Sarwar, leader du Labour en Écosse, a appelé à un changement de direction à Londres pour « mettre fin à cette distraction ». Downing Street rétorque que le Premier ministre dispose d’« un mandat clair de cinq ans » pour gouverner.
Sur les marchés, l’incertitude politique a brièvement fait grimper les coûts d’emprunt de l’État britannique et pesé sur la livre sterling, avant un apaisement après le soutien affiché par plusieurs figures majeures du gouvernement, dont Rachel Reeves, David Lammy, Yvette Cooper et Angela Rayner.
L’opposition conservatrice a, de son côté, accentué la pression. Sa dirigeante, Kemi Badenoch, a accusé Keir Starmer d’être incapable de diriger son gouvernement et a évoqué la possibilité d’un changement de leadership ou d’élections anticipées.
Au cœur de la polémique, Peter Mandelson fait désormais l’objet d’une enquête pour inconduite présumée après la publication de documents américains suggérant des échanges avec Jeffrey Epstein lors de la crise financière. L’ancien diplomate n’a pas réagi publiquement aux accusations.
Keir Starmer doit rencontrer les députés travaillistes pour tenter d’apaiser les tensions internes et recentrer l’action gouvernementale sur ses priorités économiques, notamment la lutte contre la crise du coût de la vie et la relance de l’économie britannique.
Afrique
Europ et Moyen-Orient
Amériques
Asie









