Selon plusieurs médias tchadiens, le ministre aurait demandé à ses services de déchirer certaines décisions de justice et de les jeter au visage de leurs bénéficiaires. Des déclarations largement relayées sur les réseaux sociaux et qui ont rapidement suscité indignation et critiques au sein du monde judiciaire et politique.
Une réaction ferme des magistrats
Réunis en assemblée générale ce mardi 26 mai 2026, les syndicats des magistrats ont décidé de maintenir une plainte déposée contre le ministre. Le Syndicat des magistrats du Tchad (SMT) et le Syndicat autonome des magistrats du Tchad (SYMAT) dénoncent des propos qu’ils considèrent comme une atteinte grave à la dignité de la justice tchadienne.
Une institution judiciaire remise en cause
Pour plusieurs magistrats, cette sortie du ministre dépasse le simple cadre d’une polémique politique. Ils estiment qu’elle remet en cause l’autorité des décisions judiciaires et le respect des institutions prévues par la Constitution.
Raphaël Ponga Nguemangue, conseiller du Syndicat autonome des magistrats du Tchad, a notamment affirmé que ces propos ne visaient pas uniquement les magistrats, mais également toute l’institution judiciaire du pays.
Un ultimatum de dix jours
Malgré les excuses présentées par le Premier ministre au nom du gouvernement ainsi qu’une lettre du ministre concerné, les magistrats ont choisi de maintenir leur procédure judiciaire. Ils accordent désormais un délai de dix jours aux autorités tchadiennes pour réagir avant une nouvelle évaluation de la situation au début du mois de juin.
Cette affaire intervient dans un contexte déjà marqué par plusieurs débats autour de l’indépendance de la justice au Tchad. Elle pourrait ainsi accentuer les tensions entre le pouvoir exécutif et le corps judiciaire dans les prochains jours.
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