Seul candidat africain parmi les prétendants, Macky Sall se distingue également par un parcours atypique : il n’a jamais occupé de fonctions au sein de l’ONU et sa candidature a été portée par le Burundi, et non par son pays d’origine, le Sénégal.
Une vision réformatrice pour l’ONU
Durant près de trois heures d’audition face aux représentants des 193 États membres, l’ancien chef d’État s’est présenté comme un « bâtisseur de ponts », plaidant pour une réforme en profondeur de l’organisation. Il a notamment défendu le renforcement de la diplomatie préventive, ainsi qu’une rationalisation du fonctionnement interne de l’ONU.
Sur la question sensible de la dette africaine, il a appelé à une approche globale, impliquant à la fois les pays en développement et les économies avancées. Macky Sall a également annoncé qu’en cas d’élection, son adjointe serait une femme issue d’un pays du Nord, un signal en faveur d’un équilibre géopolitique au sein de la gouvernance onusienne.
Fort de près de quarante ans d’expérience dans la gestion publique, il a mis en avant sa capacité à dialoguer avec les grandes puissances comme avec les pays du Sud, citant notamment ses interactions au sein du G7 et du G20. Une expérience qu’il estime déterminante pour répondre aux attentes des États membres dans un contexte international marqué par de multiples crises.
Une candidature entre ambitions et controverses
Au cœur de son plaidoyer, Macky Sall a également porté une revendication majeure du continent africain : l’attribution de deux sièges permanents à l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU, une réforme réclamée de longue date.
Mais sa candidature ne fait pas l’unanimité. Au Sénégal, plusieurs organisations de la société civile, notamment des collectifs de victimes des violences politiques survenues entre 2021 et 2024, ont publiquement remis en question sa légitimité à briguer cette fonction internationale.
Prochaine étape décisive
Le processus de sélection se poursuivra dans les prochains mois. Le Conseil de sécurité devra formuler une recommandation à l’Assemblée générale d’ici l’été. La désignation du futur secrétaire général, appelé à succéder à António Guterres, est attendue avant la fin de l’année.
Dans un contexte mondial sous tension, cette élection s’annonce déterminante pour l’avenir du multilatéralisme et le rôle de l’Organisation des Nations unies sur la scène internationale.
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