Selon les informations communiquées par le président américain Donald Trump et le président nigérian Bola Tinubu, Abu-Bilal al-Minuki, considéré comme l’un des plus influents dirigeants de l’EI à l’échelle mondiale, a été tué lors d’une frappe ciblée menée dans le bassin du lac Tchad.
Sanctionné par Washington depuis 2023, al-Minuki était décrit par les services de renseignement comme le numéro deux de l’organisation djihadiste. Il jouait un rôle central dans la coordination des opérations terroristes en Afrique de l’Ouest et dans la région du Sahel.
Dans un message publié sur Truth Social, Donald Trump a salué une mission « méticuleusement planifiée » menée par les forces américaines et nigérianes afin de neutraliser « l’un des terroristes les plus actifs au monde ».
De son côté, l’armée nigériane a indiqué que le chef djihadiste supervisait plusieurs activités stratégiques de l’EI, notamment la propagande, la guerre économique, ainsi que le développement d’armes, d’explosifs et de drones utilisés par les groupes affiliés.
Une opération militaire de haute précision dans l’État de Borno
L’intervention a eu lieu dans l’État de Borno, au nord-est du Nigeria, région considérée depuis plusieurs années comme l’épicentre de l’insurrection islamiste menée par Boko Haram et ses factions affiliées à l’État islamique.
Selon le porte-parole de l’armée nigériane, Sani Uba, les renseignements militaires avaient permis de localiser une « enclave cachée et fortifiée » où al-Minuki et plusieurs de ses lieutenants s’étaient retranchés.
L’opération, menée entre minuit et 4 heures du matin, a combiné des frappes aériennes et une offensive au sol. Les autorités assurent qu’aucune perte n’a été enregistrée du côté des forces alliées.
Le président Bola Tinubu a salué « une opération conjointe audacieuse » ayant porté « un coup dur » aux réseaux de l’État islamique dans la région. Il a également remercié Donald Trump pour le soutien militaire et stratégique des États-Unis dans la lutte contre le terrorisme au Nigeria.
Un acteur clé de l’État islamique en Afrique de l’Ouest
Les autorités militaires nigérianes considèrent la mort d’al-Minuki comme l’élimination d’un « nœud crucial » dans l’organisation mondiale de l’EI.
Ancien cadre influent de Boko Haram, il était notamment soupçonné d’avoir participé à l’enlèvement de plus de 100 écolières à Dapchi en 2018, dans l’État de Yobe. Les services de sécurité l’accusent également d’avoir facilité le transfert de combattants vers la Libye entre 2015 et 2016 afin de soutenir les opérations de l’État islamique en Afrique du Nord.
L’armée affirme qu’il supervisait également les attaques menées contre des communautés ethniques et religieuses minoritaires dans plusieurs pays du Sahel.
Le Nigeria sous pression face à la menace djihadiste
Le Nigeria fait face depuis plus de 17 ans à une insurrection armée qui a provoqué des dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes dans la région du lac Tchad, qui s’étend entre le Nigeria, le Niger, le Tchad et le Cameroun.
Depuis plusieurs mois, Washington accentue sa coopération sécuritaire avec Abuja, estimant que la menace des groupes djihadistes reste élevée dans la région. Fin 2025 déjà, des frappes conjointes avaient été menées dans l’État de Sokoto contre des combattants affiliés à l’État islamique au Sahel.
Les États-Unis ont également renforcé leur présence militaire au Nigeria en déployant des centaines de soldats chargés de former et soutenir les forces locales dans les opérations antiterroristes.
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