Dans un message publié sur la page Facebook officielle de la présidence malgache, Andry Rajoelina avait annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale, alors même que les députés s’apprêtaient à entamer la procédure de sa mise en accusation. Les élus, jugeant cette décision « anticonstitutionnelle », ont poursuivi leurs travaux et voté la destitution du président, plongeant le pays dans une crise politique sans précédent.
Peu après le vote, des militaires du Capsat (Corps d’administration et des services de l’armée de terre) ont pris position dans la capitale Antananarivo, sur la Place du 13-Mai, symbole historique des mobilisations populaires. Des blindés ont ensuite été déployés devant le palais présidentiel d’Ambohitsorohitra, en plein centre-ville. Devant la presse, le colonel Michael Randrianirina connu pour avoir appelé, samedi, les troupes à ne plus tirer sur la population a déclaré que l’armée prenait le pouvoir et suspendait la Constitution.
Création d’un « Conseil des présidents » et suspension des institutions
Les officiers ont annoncé la mise en place d’un Conseil des présidents, composé exclusivement de militaires et de gendarmes. Ce nouveau pouvoir a également suspendu plusieurs institutions clés : le Sénat, la Haute Cour constitutionnelle, le Haut Conseil pour la défense de la démocratie et de l’État de droit, ainsi que la Commission électorale nationale indépendante (Céni). L’Assemblée nationale, paradoxalement, n’a pas été dissoute par les militaires.
Vers une « Haute Cour des réformes » et un futur référendum
Les militaires du Capsat ont également annoncé la création d’une Haute Cour des réformes, sans en préciser pour l’instant la composition. Sera-t-elle ouverte à la société civile ou à la jeunesse malgache ? Aucune information officielle n’a été donnée.
Enfin, un référendum national devrait être organisé d’ici deux ans, selon les militaires, qui promettent aussi la nomination prochaine d’un Premier ministre civil chargé de former un gouvernement de transition.
Une population partagée entre soulagement et inquiétude
Dans les rues d’Antananarivo, les premières acclamations et sifflets de joie ont retenti après l’annonce de l’armée. Mais beaucoup s’interrogent sur la stabilité du pays et sur la légitimité de cette prise de pouvoir, alors que la communauté internationale observe la situation avec une inquiétude croissante.
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