Initialement prévue pour expirer dans la nuit du mardi au mercredi, la trêve en vigueur depuis le 8 avril a finalement été reconduite à la demande de médiateurs pakistanais. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a expliqué attendre une proposition de Téhéran en vue d’un règlement durable du conflit, évoquant au passage des divisions internes au sein du pouvoir iranien.
Blocage diplomatique et pression économique
Malgré cette prolongation, les discussions restent au point mort. L’Iran refuse d’envoyer une délégation à Islamabad, conditionnant toute négociation à la levée du blocus maritime imposé par les États-Unis.
De son côté, Washington assume une stratégie de pression économique. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a indiqué que les capacités de stockage pétrolier iraniennes, notamment sur l’île de Kharg, pourraient rapidement atteindre leurs limites. L’objectif affiché est de réduire les منابع de revenus du régime.
Téhéran dénonce pour sa part un « acte de guerre ». Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi estime que ce blocus viole directement les termes du cessez-le-feu.
Risques pour l’approvisionnement pétrolier mondial
Avant l’annonce américaine, les Gardiens de la Révolution avaient menacé de frapper les installations pétrolières dans le Golfe en cas d’escalade, faisant planer un risque majeur sur le marché énergétique mondial.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial, reste particulièrement exposé. Depuis le début du conflit le 28 février, impliquant Israël et les États-Unis, les marchés pétroliers ont connu une forte volatilité, même si les prix ont légèrement reculé après l’annonce de la prolongation de la trêve.
Négociations incertaines et tensions régionales
Le vice-président JD Vance, attendu au Pakistan pour de nouvelles discussions, a finalement suspendu son déplacement, signe des difficultés persistantes dans les négociations.
Par ailleurs, le Royaume-Uni prévoit d’accueillir des représentants militaires de plusieurs pays afin de préparer une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d’Ormuz après le conflit.
Situation humanitaire et climat d’incertitude
Sur le plan politique, Donald Trump a également appelé l’Iran à libérer plusieurs femmes qu’il affirme menacées d’exécution, une information démentie par Téhéran.
Sur le terrain, la situation reste contrastée. À Téhéran, la vie reprend progressivement après la réouverture des aéroports, tandis que les inquiétudes économiques et sociales persistent au sein de la population.
En parallèle, des discussions indirectes se poursuivent sur d’autres fronts, notamment entre Israël et le Hezbollah, malgré un cessez-le-feu fragile et régulièrement violé.
Au total, le conflit a déjà fait plusieurs milliers de victimes, notamment au Liban, où plus de 2 400 morts ont été recensés en six semaines.
Malgré la prolongation de la trêve, l’absence d’accord politique laisse planer de fortes incertitudes sur l’évolution de la crise au Moyen-Orient.
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